L’élongation coronaire : de l’analyse à l’intervention chirurgicale

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°4 - 15 décembre 2020 (page 294-301)
Information dentaire
L’élongation coronaire est une procédure qui a fait ses preuves et continue d’avoir une place dans nos thérapeutiques. Les restaurations prothétiques ne peuvent être pérennes sans le respect de l’environnement parodontal. Toute intrusion prothétique dans l’espace sous-gingival peut être lourde de conséquences et cela est à anticiper en amont du traitement. Les interventions chirurgicales d’allongement de couronne clinique présentent de nombreux avantages et peuvent être réalisées par le praticien au cabinet. Il s’agit, pour mener à bien nos traitements pluridisciplinaires, de connaître les principes biologiques, chirurgicaux, prothétiques et l’organisation des temps opératoires, ainsi que les limites et les alternatives possibles.

Réaliser une restauration prothétique dans de bonnes conditions implique d’être vigilant au respect de l’environnement parodontal. S’affranchir de ces considérations est un risque pour le praticien de compromettre la pérennité de sa restauration prothétique, tant dans son intégration biologique qu’esthétique, en induisant l’apparition d’une inflammation parodontale, de saignements persistants voire des récessions parodontales. Des stratégies prothétiques, restauratrices et parodontales existent pour préserver l’intégrité de l’attache parodontale. L’allongement de couronne clinique, ou élongation coronaire, en est une et permet un positionnement des limites prothétiques compatible avec les impératifs biologiques parodontaux.

L’objectif : aménager l’espace biologique et recréer un environnement parodontal favorable

L’attache supra crestale

En juin 2018, une nouvelle classification parodontale a été proposée dans le Journal of Clinical Periodontology [1], faisant suite à celle d’Armitage de 1999. Le terme d’ « attache supra crestale » remplace celui d’ « espace biologique » défini par Gargiulo et coll. [2]. Il s’agit de la zone d’attache supra crestale des tissus gingivaux à la surface radiculaire de la dent, qui mesure environ 2,04 mm (fig. 1). Celle-ci se compose d’une attache épithéliale, avec un épithélium de jonction, ainsi que d’une attache conjonctive supra crestale ; elle est délimitée apicalement par la crête osseuse et coronairement par la base du sillon gingival – le sulcus n’en faisant pas partie.

Bien qu’il existe des variables inter et intra-individuelles sur ces valeurs [3], un minimum de 3 mm (voire 4 mm ou plus) sera à respecter entre la marge cervicale de la restauration et l’os alvéolaire, permettant le maintien de la hauteur de l’attache supra crestale de 2 mm et une profondeur de sulcus de 1 mm [4,5].

La réalisation de limites…

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