«Le projet prothétique doit guider la pose d’implant » : c’est un principe fondamental que tout praticien a appris au cours de sa formation. En effet, le projet prothétique occupe une place centrale dans toute réhabilitation implantaire, où il doit répondre à des critères fonctionnels, biologiques et esthétiques. L’anticipation nécessite une communication fluide et optimale entre le chirurgien oral et le praticien chargé de la réalisation de la prothèse. Une planification pré-chirurgicale réfléchie, utilisant des outils tels que des photos et des montages directeurs [1] aboutissant à une chirurgie guidée, permet de faciliter au maximum chaque étape du processus de réhabilitation prothétique. Cependant, dans certaines situations complexes, voire lors de reprises de traitement, ce projet idéal devient inatteignable. Combien de fois avons-nous pensé parfaitement planifier le traitement, pour nous retrouver face à un axe implantaire non optimal ? Et que dire lorsque le patient arrive avec des implants déjà posés ? Dans ce cas, nous ne sommes plus à l’initiative du projet, mais devons composer avec des paramètres déjà fixés avec des implants ostéo-intégrés. Ces scénarios, auxquels chaque praticien est un jour confronté, exigent des solutions de gestion adaptées, notamment pour le rattrapage d’axe.
Pour illustrer les options prothétiques, nous présentons trois cas cliniques détaillant les différentes solutions disponibles.
Cas clinique n° 1 : les piliers coniques
Contexte
Un patient sans antécédents médicaux se présente pour une réhabilitation implantaire au niveau du secteur 1 (fig. 1). À la suite de l’avulsion des dents 15 et 17, une préservation alvéolaire est réalisée avec un biomatériau substitutif osseux (Bio-Oss).
Le chirurgien oral place deux implants en site 14 et 16. Afin d’éviter une chirurgie de comblement sinusien, il place l’implant #16 en position postérieure…
