Feuilleter un extrait
Information dentaire

Stratégie Prothétique n°2 - 15 avril 2026

Je m'abonne >
Acheter ce numéro >

Edito

Une page se tourne, l’esprit demeure C'est avec une émotion particulière, mêlée d’une fierté indéniable, que je signe cet éditorial. Vous tenez entre vos mains le dernier numéro de Stratégie Prothétique. En ce mois de mai 2026, après vingt-sept années d’excellence, notre revue tire sa révérence. Pour comprendre ce que nous quittons, il faut se souvenir de ce que nous avons construit. Tout a commencé en 1999, sous...

Une page se tourne, l’esprit demeure

C'est avec une émotion particulière, mêlée d’une fierté indéniable, que je signe cet éditorial. Vous tenez entre vos mains le dernier numéro de Stratégie Prothétique. En ce mois de mai 2026, après vingt-sept années d’excellence, notre revue tire sa révérence.

Pour comprendre ce que nous quittons, il faut se souvenir de ce que nous avons construit. Tout a commencé en 1999, sous l’impulsion visionnaire de François Unger. Il avait compris que la prothèse n’était pas une discipline solitaire, mais un sport d’équipe. Il a créé Synergie Prothétique – un nom fondateur qui portait en lui l’ADN de notre mission : sceller l’union indissociable entre le cabinet et le laboratoire, entre le chirurgien-dentiste et le prothésiste. Devenue par la suite Stratégie Prothétique, la revue n’a jamais dévié de cette ligne directrice : l’excellence clinique servie par la rigueur technique. Je tiens à saluer ici la mémoire de cette genèse, mais aussi le travail colossal de Jean-Paul Louis. Durant quinze ans, il a dirigé cette barque avec une main de maître, insufflant une rigueur scientifique et une exigence pédagogique qui ont fait la réputation de nos pages. Lui succéder fut pour moi un honneur autant qu’un défi.

Quel vertige aussi, lorsque l’on mesure le chemin parcouru par nos professions en un quart de siècle ! Nous avons été les témoins privilégiés d’une métamorphose sans précédent. En l’an 2000, nos pages parlaient de coulée, de technique céramo-métallique et de CDT (coefficient de dilatation thermique). Nous avons vu l’analogique céder peu à peu le pas au numérique, la cire laisser place à la souris. De l’artisanat d’art, nous avons glissé vers une haute couture quasi industrielle, précise et reproductible. Stratégie Prothétique a accompagné chaque étape de cette révolution, documentant l’avènement de la zircone, l’explosion du collage et la démocratisation de l’empreinte optique, tout en veillant inlassablement à ce que la technologie ne supplante jamais la clinique.

Si la revue s’arrête aujourd’hui, ce n’est pas par essoufflement de sa qualité, ni par tarissement de son contenu. Stratégie Prothétique jouit d’une notoriété intacte et d’une estime professionnelle rare. Cependant, nous devons regarder la réalité en face : les temps changent, les habitudes de lecture aussi, et le modèle économique de la presse ultra-spécialisée est devenu un défi que le lectorat, malgré sa fidélité, n’est plus assez nombreux pour soutenir. C’est le paradoxe des « belles revues » : elles sont parfois plus reconnues qu’achetées.

L’heure est donc aux remerciements, et la liste est longue tant cette aventure fut collective.

Merci à la direction du Groupe Information Dentaire et plus particulièrement Madame Scagni, puis Claudie Damour-Terrasson, pour avoir soutenu ce titre exigeant pendant tant d’années.

Une pensée pour nos secrétaires de rédaction successives. Elles furent les gardiennes de notre langue et de notre mise en page, apportant le suivi nécessaire à l’élaboration et la sortie des revues.

Merci aussi aux talentueux maquettistes.

Merci encore aux membres du comité de rédaction, dentistes et prothésistes dentaires - compagnons de route indispensables, qui ont garanti par leurs relectures la probité scientifique de chaque parution. Ils ont su apporter leurs idées et leur soutien.

Mais le cœur d’une revue, ce sont ses auteurs. À vous, cliniciens et prothésistes de laboratoire, qui avez accepté de partager votre savoir, de passer des soirées à trier vos photos et à affûter vos textes : merci…

Vous avez constitué, numéro après numéro, une encyclopédie vivante de la prothèse odontologique française.

Enfin, je veux m’adresser à ce binôme praticien-prothésiste que nous avons tant défendu. Si le support papier disparaît, la nécessité de notre dialogue demeure, et j’aurais d’ailleurs le plaisir de célébrer ce duo à travers des dossiers réguliers dans L’Information Dentaire. La prothèse de 2026 est numérique, rapide, biomimétique, mais elle reste avant tout une aventure humaine. Ne soyez pas tristes. Comme toute chose en biologie, les revues ont un cycle de vie. Stratégie Prothétique a rempli sa mission : élever le niveau, inspirer et réunir. L’encre sèche, mais la passion, elle, reste indélébile.

Je vous souhaite pour la dernière fois, une très bonne lecture de Stratégie Prothétique.

Maxime Helfer, Rédacteur en chef

Voir plus

ÉDITORIAL

Une page se tourne, l’esprit demeure
Maxime Helfer

MISE AU POINT

Optimisation de la gestion du rattrapage d’axe implantaire en prothèse implanto-portée transvissée
Abdelillah Rachdi, Claudine Wulfman

PROTOCOLE

Télescopes implantaires : une nouvelle dimension pour la prothèse amovible stabilisée
Georges Gaillard, Vincent Gaillard, Manon Borie

ZOOM

Profil d’émergence en prothèse implantaire : comment choisir ?
Timothy Fasham, Amr Al Homsi, Maria Lydia Mastronikolou, Daniel Dot

CAS CLINIQUE

Bridge collé cantilever antérieur à ailette vestibulaire

Timothy Fasham, Anne Aragou, Michel Benyamin, Damien Alegre, Émile Atallah, Amélie Lefort-Louet, Alexander Girault, Daniel Dot

HISTOIRE

La naissance de l’intelligence artificielle en dentisterie
Partie 2
François Duret, Élisabeth Duret

CAS CLINIQUE

Réhabilitation prothétique en antéposition mandibulaire
Salomé Provost, Hervé Plard

CAS CLINIQUE

Prise en charge pluridisciplinaire chez une patiente atteinte d’un myxome maxillaire droit
Nicolas Lemonier, Pierre Descols