En secteur antérieur, l’esthétique de la prothèse implanto-portée ne se résume pas à compenser une dent par une couronne dont la teinte, la texture de surface, la caractérisation et la translucidité s’intègrent aux dents adjacentes. Cette esthétique construite à partir d’implants positionnés au niveau crestal se joue aussi au niveau de la portion transgingivale. Le dessin du profil prothétique vise à préserver la stabilité et la santé des tissus péri-implantaires [1], tout en contribuant au pink aesthetic à travers l’aspect papillaire, le niveau et contour tissulaire, ainsi que la convexité tissulaire. Il influence aussi le white aesthetic par la forme et le contour cervical de la dent [2]. Le profil d’émergence constitue donc un paramètre prothétique à impact biologique et esthétique conditionnant la stabilisation et le soutien du tissu péri-implantaire ou, au contraire, le déplacement tissulaire.
Les concepts actuels décrivant le dessin de ce profil (concavité, convexité) sont largement discutés dans la littérature internationale [3, 4], mais peuvent prêter à confusion en pratique clinique. C’est dans cette perspective que s’inscrit cet article, en discutant à partir d’une revue narrative de la littérature de l’importance du projet implantaire sur le profil d’émergence obtenu in fine et en s’interrogeant sur l’existence d’un dessin « standard » de ce profil en secteur antérieur. Un point également sous-estimé est le choix du pilier prothétique, qui peut devenir un facteur limitant.
Pourquoi le profil d’émergence se joue-t-il dès le projet implantaire ?
Le profil d’émergence en prothèse implantaire ne se résume pas à une simple courbe. Il décrit, dans l’espace tridimensionnel, la transition entre la géométrie circulaire imposée par le diamètre du col implantaire et une morphologie cervicale prothétique aussi proche que possible de l’anatomie de la dent à remplacer. Contrairement…