Pharmacologie pratique des antirésorptifs osseux

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°21 - 26 mai 2021 (page 20-24)
Information dentaire

Les antirésorptifs ou antirésorbants ou antirésorbeurs osseux font partie des agents de maintien de la densité osseuse aux côtés d’autres molécules favorisant la minéralisation et la régénération osseuse. Comme leur nom l’indique, ils sont principalement actifs sur la résorption osseuse, alors que d’autres agents dits anaboliques osseux sont plus actifs sur le versant formation osseuse. Ce sont des médicaments incontournables dans le traitement des patients atteints de maladies ostéolytiques bénignes (ostéoporose, maladie de Paget, ostéogenèse imparfaite, dysplasie fibreuse) ou malignes (métastases osseuses d’une tumeur solide, myélome multiple à localisation osseuse, hypercalcémie maligne).

Les antirésorptifs sont incontournables car ils ont fait la preuve de leur efficacité thérapeutique et que leur balance bénéfice/risque individuel est très favorable, même s’ils présentent des effets indésirables, en particulier osseux, comme le risque majoré de survenue d’ostéochimionécrose des maxillaires (OCNM) ou de fracture atypique fémorale proximale avec les bisphosphonates (BPs) et le dénosumab [1].

Les antirésorptifs osseux

Ils ont tous pour cible la cellule effectrice de la résorption osseuse, l’ostéoclaste de manière plus ou moins directe. L’activation des ostéoclastes à partir des précurseurs hématopoïétiques de la moelle osseuse dépend essentiellement du récepteur activateur du facteur nucléaire kappa-B (RANK) et de son activateur ou ligand (RANK-L) produit majoritairement par les ostéoblastes et les lymphocytes T activés. Les ostéoblastes sont aussi capables de synthétiser un antagoniste du RANK-L, l’ostéoprotégérine (OPG), de sorte que le niveau de résorption osseuse dépendra du rapport entre RANK-L et OPG, rapport augmenté dans les maladies ostéolytiques. Une fois activés, les ostéoclastes vont digérer la matrice osseuse minéralisée.

Les antirésorptifs osseux ayant une autorisation de mise sur le marché dans cette indication actuellement commercialisés en France appartiennent à plusieurs familles (tableau 1).

Tableau 1. Les antirésorptifs osseux actuellement commercialisés en France

Familles

Types

Molécules

Indications (AMM)

Bisphosphonates

Non azotés

Clodronate

Tiludronate

Hypercal, traitement palliatif des ostéolyses malignes

Paget

Azotés

Zolédronate

Pamidronate

Ibandronate

Alendronate

Risédronate

Ost, Paget, Hypercal, Méta

Méta, Hypercal

Ost

Ost

Ost

Anti-RANKL

Dénosumab

Ost, Méta

Modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes

Raloxifène

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