Post-traitement : le vrai défi commence après l’impression 3D

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2026 (page 100-106)
Information dentaire
L’impression 3D par photopolymérisation utilisée dans le domaine dentaire repose sur la fabrication additive de pièces à partir d’une résine photosensible. La polymérisation amorcée au cours de l’impression n’est toutefois que partielle, les couches successives n’étant exposées que brièvement à la lumière. Un post-traitement approprié consistant à nettoyer, sécher et post-polymériser les pièces demeure alors indispensable pour limiter le vieillissement et assurer des propriétés dimensionnelles, mécaniques, thermiques, chimiques, esthétiques et cytotoxiques optimales. Malgré l’importance du post-traitement sur le résultat final, l’étape de nettoyage est actuellement effectuée sans prendre en compte des paramètres importants, tels que le niveau de pollution du liquide de nettoyage. Le séchage est quant à lui effectué à l’air comprimé ou à l’air libre, ce qui rend les résultats très peu reproductibles et très sensibles aux conditions extérieures ainsi qu’aux erreurs humaines. Pour réduire considérablement la cytotoxicité des matériaux dentaires imprimés en 3D, de nombreuses publications scientifiques mettent en avant le besoin d’étapes de nettoyage et de séchage soigneusement contrôlées couplées à une étape de post-polymérisation soumise à un rayonnement UV à haute intensité, à la chaleur ainsi qu’à une atmosphère inerte pendant au moins 20 minutes. Pourtant, de nombreux acteurs du marché dentaire indiquent des temps de post-polymérisation inférieurs à 10 minutes sans chauffe ni atmosphère inerte, suscitant des inquiétudes pour des dispositifs médicaux intra-buccaux parfois portés durant des années par les patients. De nouvelles solutions permettant un post-traitement automatisé apparaissent dans ce contexte, permettant en outre la traçabilité complète des matériaux imprimés.

INTRODUCTION

L’impression 3D

L’impression 3D par photopolymérisation utilisée dans le domaine dentaire repose sur la fabrication additive de pièces suivant un processus décrit sur la figure 1. Tout d’abord, les pièces sont élaborées à l’aide d’une conception assistée par ordinateur (CAO). Le modèle numérique, établi avec précision selon la morphologie ou les besoins fonctionnels du patient, est converti en une succession de couches prêtes à être imprimées.

Ensuite, chaque couche est successivement solidifiée grâce à un bain de résine photosensible combiné à une source lumineuse contrôlée, amorçant la réaction de polymérisation. Ce procédé permet d’obtenir des géométries complexes avec une grande précision dimensionnelle et une excellente reproductibilité, ce qui en fait une technologie de choix pour la fabrication de dispositifs médicaux et dentaires personnalisés [1].

La polymérisation amorcée au cours de l’impression n’est toutefois que partielle, les couches successives n’étant exposées que brièvement à la lumière. La pièce obtenue présente ainsi un réseau hétérogène avec des zones moins polymérisées où persistent des composants non stabilisés. Un post-traitement approprié demeure alors indispensable pour limiter le vieillissement et assurer des propriétés dimensionnelles, mécaniques, thermiques, chimiques et cytotoxiques optimales [2]. Pour une pièce allant en bouche, cette étape est incontournable.

Risques associés à la composition des résines 3D et importance du post-traitement

La plupart des résines dédiées au secteur dentaire contiennent des dérivés de bisphénol A (BPA), un composé reconnu comme perturbateur endocrinien et classé parmi les substances CMR (cancérigène, mutagène et reprotoxique) [3, 4 ]. De plus, certaines résines contiennent du 4-acryloylmorpholine, plus communément appelé ACMO, un composé toxique et classé CMR.

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