Préparations contemporaines pour les restaurations adhésives

  • Par
  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°2 - 15 octobre 2017 (page 92-97)
Information dentaire
Les nouvelles formes de préparation pour restaurations adhésives ne sont que peu, voire dans certains cas pas du tout développées au cours de notre enseignement. En pratique libérale, l’omnipraticien se retrouve seul face à des cas parfois complexes et n’a pas toujours la possibilité de trouver une réponse claire aux questions qu’il se pose. L’analyse de la littérature révèle qu’il n’y a que peu de consensus et pas de « gold standard » comme cela pouvait être le cas pour les restaurations corono-périphériques ou les inlays/onlays métalliques. Aussi, ces nouveaux designs peuvent paraître de prime abord difficiles à mettre en œuvre au cabinet dentaire.
 
L’objectif de cette série d'articles est, d’une part, de faire un point sur les données actuelles de la science pour fournir les meilleures preuves cliniques et in vitro concernant les formes de préparation contemporaines à adopter en secteur antérieur puis postérieur et, d’autre part, de fournir au praticien les clés du raisonnement à mener et des techniques à mettre en œuvre en clinique pour réussir ces types de préparation très contemporains. Ce travail se limitera à l’étude des formes de préparation sur dents pulpées. La première partie traite des designs pour les hémi-facettes et les chips. Dans un souci pédagogique, elle se présente sous la forme d’une série de questions/réponses.

Partie 1 - Secteur antérieur - Hémi-facettes et chips

Depuis deux décennies, le concept d’adhésion a considérablement bouleversé la pratique de l’art dentaire et le mode de pensée du praticien [1]. Libérées des impératifs liés à la rétention, les formes de préparation se font moins mutilantes. L’objectif n’est plus d’adapter les structures dentaires résiduelles aux besoins de la restauration, mais, au contraire, d’adapter la restauration à ces structures. Dans cette logique de préparations ultra-conservatrices, les restaurations partielles collées (RPC) peuvent prendre des formes cliniques variées. On comprend dès lors que ces formes de préparation ne soient pas standardisées (contrairement aux préparations corono-périphériques classiques), mais qu’elles nécessitent, au contraire, une réflexion au cas par cas, en fonction de chaque situation clinique [2]. Ainsi, toute la difficulté pour les praticiens est de pouvoir se repérer parmi ces nouvelles thérapeutiques. À l’heure actuelle, il n’existe aucun consensus sur la terminologie à adopter pour définir ces nouveaux designs [3], ni de cotes ou formes standardisées à appliquer pour réaliser ces préparations. Nous ne sommes qu’aux prémices de cette nouvelle ère où naissent de nouvelles pièces prothétiques sans définition consensuelle, sans préparation standardisée ni instrumentation spécifique.
 
Dans cet article, premier d’une série de trois articles, nous traitons des nouveaux designs prothétiques pour le secteur antérieur, notamment des hémi-facettes et chips.

Le cahier des charges des préparations

Certains praticiens parlent d’hémi-facettes ou de chips sans préparation dentaire. Que penser du « no-prep » ?

Le pur « no-prep » n’est pas conseillé :
– d’une part parce que l’émail non préparé n’est pas aussi favorable au collage. En effet, la couche la plus superficielle de l’émail, dite aprismatique, offre des valeurs d’adhésion réduites pour le polymère de collage ;

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Dentisterie restauratrice : flux numérique et impression 3D

La fabrication additive des pièces prothétiques On distingue deux grandes méthodes de fabrication assistée par ordinateur : la fabrication soustractive...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Restaurations partielles collées après radiothérapie de la sphère oro-faciale : promesse risquée ou solution thérapeutique fiable ?

Le cas clinique présenté ici illustre cette démarche thérapeutique. À la suite d’un diagnostic de cancer des voies aérodigestives supérieures,...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Autotransplantation assistée par impression 3D

Cas clinique Une patiente de 17 ans a été adressée par son chirurgien-dentiste traitant pour avulsions des 16 et 26....
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réhabilitation fonctionnelle et esthétique d’une amélogenèse imparfaite hypoplasique

L’amélogenèse imparfaite (AI) constitue un ensemble de pathologies génétiques rares affectant la formation de l’émail, avec une prévalence estimée à...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réfection d’un bridge de type Rochette par un bridge collé cantilever antérieur en disilicate de lithium

Les bridges collés en cantilever, à la lumière du travail des pionniers, le Pr Mathias Kern de l’université de Kiel...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Risque de récidive orthodontique et bridge cantilever : quid de la contention ?

La proportion de patients présentant une ou des agénésies d’incisives latérales maxillaires est fréquente, touchant environ 4,6 % des hommes et...