Question du rhumatologue :
“Existe-t-il une contre-indication dentaire à la prescription envisagée ?”
Analyse Vrai/Faux
1. « Le Prolia® est une molécule de type bisphosphonate »
Faux
- Il s’agit de dénosumab qui :
- est un anticorps monoclonal ;
- est un inhibiteur du ligand RANK (RANKL) ;
- bloque la différenciation des ostéoclastes.
- Il ne s’agit pas d’un bisphosphonate, mais il agit sur le remodelage osseux et est associé au risque d’ostéonécrose des mâchoires.
- Il est administré par injection sous-cutanée.
- Différence importante :
-
- les bisphosphonates se fixent durablement dans l’os via leur liaison aux cristaux d’hydroxyapatite,
- le dénosumab a effet réversible après arrêt (demi-vie osseuse : environ 6 mois).
2. « Je contre-indique le traitement car la patiente a beaucoup d’implants » (rhumatologue)
Faux
- L’indication du traitement anti-ostéoporotique relève du rhumatologue.
- L’ostéoporose est avérée avec risque fracturaire : le traitement est justifié et prioritaire.
- Le fait d’avoir :
- des implants en place,
- un projet implantaire ne constitue pas une contre-indication au dénosumab.
- Le rôle du chirurgien-dentiste est de :
- réaliser un examen clinique et radiologique complet ;
- éliminer les foyers infectieux ;
- stabiliser l’état bucco-dentaire.
- La prévention du risque d’ostéonécrose médicamenteuse des mâchoires (ONM) repose sur l’assainissement pré-thérapeutique, pas sur une contre-indication systématique.
3. « Je contre-indique la pose de l’implant en 27 en raison de l’ostéoporose » (chirurgien-dentiste)
Faux (en l’état)
- L’ostéoporose en elle-même n’est pas une contre-indication implantaire.
- Points à considérer :
- sous dénosumab à dose ostéoporotique (60 mg/6 mois), comme sous bisphosphonate per os mais aussi par voie intraveineuse…