Parmi les anomalies de nombre, l’inclusion présente un intérêt clinique majeur en raison de la complexité de ses étiologies et de ses répercussions fonctionnelles et esthétiques. Au maxillaire, les canines constituent, après les 3es molaires, les dents les plus fréquemment incluses avec une prévalence estimée entre 1 et 2,5 % [1], dont plus de 90 % des atteintes sont unilatérales [2]. Sur le plan esthétique, la canine maxillaire occupe une position stratégique : véritable clé de voûte de l’arcade, elle participe à la définition de la ligne du sourire et au soutien de la lèvre supérieure. Sa morphologie et son positionnement influencent directement la perception de l’individualité faciale [3, 4]. Lorsque la désinclusion échoue et que la dent concernée est laissée en place ou extraite, la prise en charge repose alors sur la gestion d’un édentement unitaire.
Les bridges collés cantilevers (BCC) ont démontré leur fiabilité, devenant une option de première intention avant 40 ans lorsqu’il est question de remplacer une incisive absente [5]. Les données cliniques rapportent des taux de survie de 100 % à 6-10 ans pour les restaurations en vitrocéramique renforcée en disilicate de lithium (VRDL) [6], et de 95,4 % à 15 ans pour celles en zircone de haute ténacité (3Y-TZP) [7].
Bien que l’implantologie conserve sa prédominance, plusieurs études récentes soulignent l’intérêt croissant des BCC dans la gestion des édentements canins et postérieurs [8-10]. Cette stratégie présente plusieurs avantages : l’absence d’intervention chirurgicale, une exécution rapide, une préservation tissulaire globale et une réversibilité [6, 11]. Elle permet également d’éviter certaines complications associées aux implants, telles que l’infracclusion secondaire à la croissance faciale continue [11] et notamment en place de canine.
Concernant le matériau d’infrastructure, la littérature oriente plus volontiers…