Situation initiale
Un patient âgé de 85 ans, se présente pour une consultation de suivi. Il ne présente aucun antécédent médical notable ni traitement médicamenteux en cours. Son dernier rendez-vous au cabinet remonte à cinq ans. Le patient ne se plaint de rien.
L’examen clinique montre une usure importante, principalement des faces vestibulaires de ses dents maxillaires (fig. 1). Cette usure vestibulaire semble s’être développée au cours des dernières années, puisqu’elle n’avait pas été notée lors de la consultation précédente. Lors de l’entretien suivant cet examen clinique, nous demandons au patient s’il y a quelque chose qu’il fait ou mange pouvant être à l’origine de cette usure excessive. En effet, l’usure principalement vestibulaire doit faire penser à une origine plutôt extrinsèque, d’origine abrasive. Il indique alors utiliser une brosse à dents manuelle qu’il trempe dans de l’argile blanche pour se brosser ensuite. Il ne sait plus dire pourquoi ni depuis quand il procède ainsi. Lors du deuxième rendez-vous, le patient nous apporte le paquet d’argile blanche pour masque visage corps et cheveux (fig. 2).
Réflexion thérapeutique
Plusieurs questions se posent pour le praticien : cette usure est-elle physiologique ou pathologique ? Quelles sont les causes de ces usures ? Des atteintes pulpaires sont-elles présentes ? Devons-nous restaurer ces dents ? Si oui, comment ?
Notre approche doit s’inscrire dans le cadre de l’Evidence Based Dentistry, c’est-à-dire une combinaison des meilleures preuves scientifiques, de l’expertise clinique du praticien, et des valeurs et préférences du patient.
Deux publications nous semblent importantes pour ce sujet. La première est tirée d’un consensus d’experts sur l’usure dentaire sévère en 2017 [1]. Elle définit l’usure dentaire sévère comme une perte substantielle de la structure dentaire avec une…





