Prise en charge orthodontique précoce : place de l’omnipraticien

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°2 - 15 juin 2015 (page 131-141)
Information dentaire
Résumé
Un traitement orthodontique doit être débuté le plus précocement possible. Les possibilités thérapeutiques sont nombreuses et chaque praticien devrait être en mesure, si ce n’est de traiter, du moins de diagnostiquer les anomalies pouvant faire l’objet d’un traitement interceptif. La prise en charge du sens transversal reste une priorité mais le sens vertical puis le sens antéro-postérieur doivent être corrigés afin de simplifier l’éventuel traitement ultérieur. Si certaines thérapeutiques semblent aisées à réaliser, il faut garder à l’esprit que les 3 dimensions de l’espace sont étroitement liées et qu’un traitement pouvant paraître simple ne l’est pas toujours. Les bases de la biomécanique doivent être maîtrisées afin de ne pas aggraver les cas : « primum non nocere ». Mais si le diagnostic est bien posé et que la mécanique est bien contrôlée, un traitement précoce donne d’excellents résultats à un âge où, psychologiquement, l’estime de soi est un facteur primordial.

Implication clinique
L’orthodontie représente une part de l’activité de l’omnipraticien. Même si la majorité des traitements sont effectués par des spécialistes, le diagnostic et les cas simples devraient pouvoir être pris en charge par le dentiste traitant à condition qu’il ait reçu la formation suffisante. Car, il faut se méfier, les cas semblant être simples ne le sont pas toujours et les thérapeutiques amovibles ne sont pas toujours aussi faciles à manipuler qu’il n’y paraît.

La prise en charge d’une malocclusion doit se faire le plus précocement possible. Ceci semble être aujourd’hui un principe partagé de tous, et de nombreuses spécialités sont concernées. L’omnipraticien est souvent le premier acteur de santé à réaliser le diagnostic et doit être à même de mettre en œuvre des traitements préventifs et interceptifs, même si en pratique cela est rarement réalisé. L’objet de cette présentation est d’une part d’en expliquer les fondements, mais aussi et surtout, de mettre en évidence deux principes : une action simple et précoce (1) peut rendre d’énormes services à nos jeunes patients ; les choses qui paraissent les plus simples ne le sont pas toujours…

Un traitement réalisé par l’omnipraticien : quelles limites ?

Le fait de parler de limites est déjà, reconnaissons-le, un peu choquant en soi. Les étudiants en odontologie sont censés recevoir une formation globale comprenant l’ensemble des disciplines ayant rapport avec l’odontologie. Pourquoi ne seraient-ils pas capables de prendre en charge la globalité d’un traitement ? En pratique, tout le monde est bien conscient que cela est utopique tellement les progrès scientifiques et technologiques ont été fulgurants. Nous ne parlerons pas ici de la limite que chacun doit se fixer tellement cela est évident, mais plutôt de ce que l’on pense être des gestes simples n’interférant pas avec une prise en charge ultérieure. Le principal objectif reste avant tout d’apporter une réponse à un problème en étant sûr de ne pas l’aggraver. Il n’est pas non plus insensé qu’un omnipraticien mette en place une thérapeutique préventive ou interceptive en accord avec son orthodontiste correspondant qui assurera éventuellement la suite du traitement, du moins pour les premiers cas. Restons lucides sur deux points : d’une part un traitement interceptif ne règle que très rarement l’ensemble des problèmes et, d’autre…

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