Prise en charge pharmacologique de la douleur chez l’enfant

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°1 - 15 mars 2024 (page 24-35)
Information dentaire

Ressentie dès la naissance, la douleur de l’enfant est encore souvent insuffisamment prise en charge et traitée, notamment chez les plus jeunes. Ces réticences s’expliquent le plus souvent par un manque de maniement des antalgiques pédiatriques et/ou par une sous-évaluation de la douleur. Après avoir abordé la physiopathologie et la physiologie (ou les différentes composantes) des douleurs de l’enfant, cet article expose les modalités d’évaluation de celle-ci, les différentes molécules d’antalgie et leurs posologies. Une douleur qui n’est pas adéquatement traitée chez l’enfant peut entraîner à court et à moyen terme une sensibilisation à la douleur suivante, une anxiété et, à plus long terme, une phobie ou un évitement des soins !

Implication Clinique : évaluer et prendre en charge la douleur de l’enfant est une nécessité. Les solutions pharmacologiques sont les plus utilisées parmi tout ce qui est à la disposition des praticiens (pharmacologique et non pharmacologique).

En 2020, l’International Association for the Study of Pain (IASP) a reformulé la définition de la douleur. Celle-ci est désormais décrite comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou ressemblant à une telle lésion » [1]. Cette nouvelle définition, accompagnée de plusieurs notes des auteurs, insiste sur le fait que la douleur est subjective, il s’agit d’une émotion et pas seulement d’une sensation. Elle est par ailleurs liée à un contexte, donc influencée à des degrés divers par de nombreux facteurs notamment biologiques, psychologiques, sociaux et culturels [2, 3].

En France, l’article L 1110-5 (modifié par la loi n°2005-370 du 22 avril 2005, art. 1 et 2 – JORF 23 avril 2005) de la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (dite loi « Kouchner », loi 2002-303 du 4 mars 2002) du Code de santé publique énonce que « toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort ».

Comprendre et définir la douleur

Manifestations de la douleur

Douleur et nociception sont des phénomènes différents : la nociception est le processus sensoriel à l’origine du message de douleur au système nerveux, en réponse à un stimulus nociceptif [4]. La douleur est donc une sensation nécessaire car protectrice de l’organisme, elle signe une lésion, un danger, c’est un signal d’alarme, donc un moyen de survie. Mais elle n’est pas proportionnelle à la gravité de la lésion, toutes les lésions ne sont pas synonymes de douleur et une même lésion peut être ressentie différemment selon les personnes.

La douleur fait intervenir quatre composantes, la figure 1 met…

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