Prothèses « pilotis » chez l’édenté total

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°13 - 31 mars 2021 (page 64-70)

1. Comparatif racine naturelle/racine artificielle (implant) avec l’absence du ligament alvéo-dentaire.

Information dentaire

Les prothèses plurales implanto-portées exigent des connexions parfaitement passives. En effet, l’absence du ligament alvéo-dentaire (fig. 1) dans la configuration implantaire supprime toute résilience face aux contraintes mécaniques, phénomène intensifié négativement par un déficit proprioceptif. La pérennité du dispositif implanto-porté repose en partie sur ce concept dit de « passivité » (absence de tensions inter-implantaires liées à la parfaite adaptation des armatures prothétiques qui se « posent » véritablement sur les connexions implantaires ou les dispositifs supra-implantaires sans qu’aucune contrainte apparaisse au vissage du dispositif prothétique) [4, 7]. Pour ce faire, le protocole engagé pour ce type de réhabilitation doit s’inscrire dans une philosophie où les séquences cliniques et de laboratoire sont ciblées en premier lieu sur les empreintes, puis le traitement de ces dernières et enfin les armatures sont gérés en conséquence. La qualité du schéma occluso-fonctionnel retenu participe aussi de façon indirecte à l’obtention et la pérennité de cet objectif.

Enregistrements cliniques

Empreinte physico-chimique

L’option empreinte « à ciel ouvert » est préférable. Cette technique dite directe ou « pick-up » permet d’emporter les transferts sans avoir à les repositionner dans l’empreinte qui pourrait être source d’erreur.

Traînant derrière lui une connotation peu favorable, car d’un emploi délicat, le plâtre est aujourd’hui reconnu comme le matériau le plus adapté pour les enregistrements physico-chimiques implantaires. Assurant une empreinte mucostatique, il présente une excellente stabilité, générant une passivité en accord avec les exigences cliniques. Sa mise en œuvre et son traitement, après quelques « balbutiements », restent à la portée de chacune et chacun.

Un plâtre de type II, supporté par un porte-empreinte individuel (PEI), offrant un judicieux couloir pour pick-up, reste la meilleure solution pour de nombreux auteurs. Après positionnement et validation clinique et radiologique du bon engagement des transferts, un contrôle d’absence de contraintes à l’insertion du PEI, le plâtre, préparé selon les consignes du fabricant, peut être injecté à la seringue ou placé directement dans le PEI avant l’insertion. Dans ce dernier cas, un ruban adhésif translucide assure l’étanchéité pour la mise en place du PEI, ruban qui sera retiré pour assurer la « libération du matériau » avant sa prise finale en bouche, autorisant le dégagement plus aisé des vis de transfert (fig. 2). Il faut noter certaines limites à son emploi en présence de contre-dépouilles prononcées, d’exostoses…

Une première variante consiste, dans un premier temps, à enregistrer a minima la surface d’appui avec un polyéther, en respectant le dégagement des rétentions des transferts. S’ensuit l’injection du plâtre qui vient rigidifier l’ensemble de manière passive, tout en sertissant les transferts pick-up.

Une seconde variante propose la mise place d’un renfort…

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