Quand l’ATM claque… Comprendre et agir

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°34 - 7 octobre 2026 (page 18-26)
Information dentaire
Le claquement de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) est souvent spectaculaire, parfois inquiétant, mais rarement expliqué au patient. Il constitue une problématique clinique fréquente. On estime que 30 à 40 % de la population présente, à un moment de sa vie, un trouble temporo-mandibulaire, dont une proportion importante s’accompagne de claquements [1]. Le claquement peut être douloureux ou non. Le praticien doit donc être capable de répondre simplement et précisément aux questions du patient et indiquer une éventuelle thérapeutique.

Afin de pouvoir répondre aux questions des patients, il est indispensable de connaître l’anatomie de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), le rôle du disque articulaire, les différents mécanismes responsables des claquements ainsi que leur prise en charge spécifique.

Le cadre

L’ATM est traversée par une lame tendineuse, issue embryologiquement du chef supérieur du muscle ptérygoïdien latéral. Au niveau des surfaces articulaires, cette lame se différencie en un disque fibrocartilagineux intimement uni au condyle mandibulaire. Cette union est assurée par les ligaments collatéraux (latéral et médial), qui autorisent la rotation du disque sur le condyle, ainsi que par la lame rétrodiscale, qui limite son déplacement antérieur (fig. 1 et 2). L’espace rétrodiscal constitue une région richement vascularisée responsable de la production du liquide synovial, indispensable à la nutrition des surfaces articulaires et aux échanges trophiques au sein des deux compartiments de l’ATM.

Les dérangements intracapsulaires correspondent à une perte de l’union fonctionnelle entre le disque et le condyle. Cette « désunion disco-condylienne » se traduit parfois par des bruits articulaires, classés en trois types : claquement, craquement, crépitations.

Le claquement est l’expression sonore d’un conflit disco-condylien. Il s’agit d’un bruit bref, net, distinct, court, associé à un ressaut condylien correspondant à une modification brutale de la trajectoire du condyle.

Le craquement est également accompagné d’un ressaut condylien, mais il est plus sec, plus intense et légèrement plus prolongé.

Les crépitations, en revanche, ne s’accompagnent pas de ressaut. Elles correspondent à une succession de petits bruits secs évoquant le froissement d’une coquille d’œuf écrasée traduisant un frottement direct entre deux surfaces osseuses.

Écoutez les trois types de bruits…

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