Un peu de sémantique
En accord sur le sens des mots, on se comprend mieux. Alors que le terme académique d’« orthèse occlusale » est souvent utilisé dans les articles scientifiques, nous suivrons le terme d’usage de « gouttière occlusale », très généralement utilisé, parfaitement compris des odontologistes, des médecins, des prothésistes et surtout des patients ; d’autant que ce dispositif a le plus souvent une forme de gouttière moulant l’arc dentaire.
Nous retiendrons le terme d’« orthèses orales » comme des dispositifs amovibles placés temporairement dans la cavité orale dans un but de protection, de stabilisation, d’effet orthodontique, d’effet orthopédique ou pour favoriser une rééducation. Il s’agit d’un terme générique qui répertorie de nombreux dispositifs oraux, dont les gouttières (fig. 1).
La « gouttière occlusale » est définie comme un appareillage intra-oral amovible, généralement réalisé en résine, fixé sur l’arcade maxillaire ou sur l’arcade mandibulaire en la recouvrant totalement ou partiellement, dans le but de modifier transitoirement les rapports d’occlusion intermaxillaires [1].
Gouttière occlusale : quels mécanismes d’action ?
Bien que cela soit mal connu, la littérature montre qu’en modifiant les appuis occlusaux, donc les influx sensoriels (proprioception) [2], il est possible de :
- diminuer les charges sur l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) en réduisant l’intensité des forces, la fréquence et/ou la durée des parafonctions ;
- diminuer temporairement les hyperactivités musculaires ;
- réduire l’intensité et la fréquence des myalgies ou arthralgies liées aux parafonctions ;
- protéger des méfaits du bruxisme sur les surfaces occlusales des dents (naturelles ou restaurées) ;
- créer un renforcement cognitif de la modification comportementale délétère.
En revanche, il n’existe actuellement…
