Feuilleter un extrait
Information dentaire

L'Information Dentaire n°22 - 10 juin 2026

Je m'abonne >
Acheter ce numéro >

Edito

Le miracle a un prix La Cour des comptes vient de constater une augmentation des dépenses dentaires. Une découverte qui a dû provoquer le même étonnement que celui d’un vacancier découvrant du sable sur une plage d’Aquitaine. Car enfin, que s’est-il passé ces dernières années ? Les orientations politiques ont décidé qu’une partie importante des prothèses dentaires devait être accessible sans reste à charge pour les patients. Une...

Le miracle a un prix

La Cour des comptes vient de constater une augmentation des dépenses dentaires. Une découverte qui a dû provoquer le même étonnement que celui d’un vacancier découvrant du sable sur une plage d’Aquitaine.

Car enfin, que s’est-il passé ces dernières années ? Les orientations politiques ont décidé qu’une partie importante des prothèses dentaires devait être accessible sans reste à charge pour les patients. Une ambition louable, que peu contesteraient sur le principe. Mais croire qu’un dispositif aussi puissant que le RAC 0 allait rester sans effet sur les volumes de soins relevait davantage de la foi que de l’économie de la santé.

Lorsqu’un bien devient plus accessible financièrement, il est davantage consommé. Ce phénomène n’est ni scandaleux ni mystérieux : il est simplement humain. Le RAC 0 a permis à de nombreux patients de concrétiser des traitements prothétiques qu’ils repoussaient parfois depuis des années. Le résultat est visible dans les chiffres : davantage de prothèses, donc davantage de dépenses.

Ajoutons, avec l’honnêteté qui sied à notre profession, qu’aucun dispositif n’est totalement à l’abri des effets d’aubaine. Si la très grande majorité des praticiens a conservé ses exigences cliniques habituelles, il serait sans doute naïf d’imaginer que certaines indications de couronnes n’ont jamais été appréciées avec un enthousiasme légèrement supérieur à celui observé avant le RAC 0. Les économistes parlent d’incitation ; les cliniciens parleront simplement de tentation.

La seconde surprise concerne les complémentaires santé. Là encore, l’étonnement semble de circonstance. Car lorsque les remboursements augmentent, les charges augmentent également. Et lorsque les charges augmentent, les cotisations suivent généralement le même chemin. Les mutuelles n’ont pas découvert une nouvelle passion pour la philanthropie ; elles appliquent simplement les règles élémentaires de l’équilibre financier.

Nous assistons ainsi à une forme de mouvement perpétuel administratif : on réduit le reste à charge, les volumes augmentent, les remboursements augmentent, les cotisations augmentent, puis l’on s’étonne que les dépenses augmentent. À ce rythme, la prochaine révélation pourrait être que les parapluies se vendent mieux lorsqu’il pleut.

Pour autant, derrière les chiffres, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel. Des milliers de patients ont accédé à des soins qu’ils n’auraient probablement pas réalisés auparavant. Cette réalité mérite autant d’attention que les tableaux comptables.

Si la question de savoir pourquoi les dépenses ont augmenté reste importante, le véritable enjeu est de déterminer comment financer durablement un accès aux soins dentaires que notre société considère, à juste titre, comme nécessaire.

Michel Bartala, Rédacteur en chef

Voir plus

Éditorial

Le miracle a un prix
Michel Bartala

Revue de presse

Limes endodontiques et stérilisation
Pascal De March

Revue de presse spécialisée
Philippe Léonard

Actualités hebdo
Nicolas Fontenelle

Formation

Gouttières occlusales : données, bonnes pratiques, numérique
Jean-Philippe Ré, Elnur Mammadov, Tony Bataillon, Jean-Daniel Orthlieb

Prescription : prise en charge d’un patient sous Kardegic® et Xarelto®
Géraldine Lescaille

Exercice professionnel

Aménagement : des salles de radiologie panoramique atypiques
Sophie Saunier