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Information dentaire

L'Information Dentaire n°27 - 15 juillet 2026

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Edito

Revoir ce que l’on pense savoir ! Souvenez-vous de vos années d’études : les fiches cartonnées, les nuits blanches avant l’examen d’anatomie, et cette certitude, la veille, de tout savoir... suivie de ce doute terrible, le lendemain, de ne plus rien savoir du tout. Rassurez-vous, ce n’est pas un défaut de mémoire, c’est de la neurophysiologie pure. En 1885, un philosophe et psychologue allemand, Hermann Ebbinghaus, a mis en évidence  un...

Revoir ce que l’on pense savoir !

Souvenez-vous de vos années d’études : les fiches cartonnées, les nuits blanches avant l’examen d’anatomie, et cette certitude, la veille, de tout savoir... suivie de ce doute terrible, le lendemain, de ne plus rien savoir du tout. Rassurez-vous, ce n’est pas un défaut de mémoire, c’est de la neurophysiologie pure. En 1885, un philosophe et psychologue allemand, Hermann Ebbinghaus, a mis en évidence  un phénomène qu’il a dénommé la courbe de l’oubli, hypothèse sur le déclin de rétention de la mémoire dans le temps. En effet, très souvent, une connaissance acquise est rapidement rangée dans le tiroir des « déjà vu », avec l’illusion rassurante qu’elle y restera disponible à volonté.

Pourtant, les sciences cognitives nous rappellent une réalité bien moins rassurante : apprendre ne suffit pas. Sans réactivation régulière, les connaissances s’estompent progressivement. À l’inverse, les revoir, les relire, les mobiliser et surtout se tester constituent l’un des moyens les plus efficaces de les consolider durablement. La répétition espacée a un effet démontré et efficace sur la rétention des connaissances médicales*.

En odontologie, cette réalité prend une dimension toute particulière. Notre exercice quotidien repose sur une accumulation impressionnante de savoirs scientifiques, de données cliniques et de recommandations qui évoluent sans cesse. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre davantage, mais de maintenir vivantes des connaissances parfois acquises depuis plusieurs années.

C’est précisément l’intérêt des quiz scientifiques. Loin d’être un simple jeu ou un retour nostalgique aux examens universitaires, ils sollicitent ce que les pédagogues appellent le « rappel actif » : l’effort de retrouver une information en mémoire. Or cet effort est, paradoxalement, l’un des meilleurs alliés de l’apprentissage. Se tromper dans la réponse, corriger, comprendre pourquoi, voilà souvent un chemin plus efficace que relire passivement une page de cours. Aussi, quelques minutes consacrées à un quiz peuvent parfois révéler une certitude un peu fragile… ou conforter des acquis solides.

Au fond, réviser n’est pas le signe que l’on sait peu. Cela permet de continuer de soigner avec exigence et curiosité. Car la compétence ne repose pas uniquement sur ce que nous avons appris, mais aussi sur notre capacité à entretenir ce savoir tout au long de notre vie professionnelle pour consolider les fondamentaux et permettre l’évolution des connaissances. On ne retient bien que ce qu’on a eu l’occasion d’oublier un peu, avant de le retrouver.

Finalement, le meilleur indicateur de formation continue est peut-être tout simplement le plaisir de se rendre compte que l’on peut encore apprendre… même ce que l’on croyait déjà savoir.

Bon quiz !

Michel Bartala, Rédacteur en chef

* Maye JA, Hurley F. The Effectiveness of Spaced Repetition in Medical Education: A Systematic Review and Meta-Analysis. Clin Teach. 2026 Apr;23(2):e70353.

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