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Information dentaire

L'Information Dentaire n°18 - 14 mai 2026

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Edito

La gentillesse : force ou faiblesse ? « Retirer les gentils du monde et cela devient un enfer », écrit Christophe André. Une affirmation qui résonne… mais qui interroge aussi. Car au fond, qu’est-ce que la gentillesse ?C’est cette disposition à être à l’écoute, attentif à l’autre, animé par une forme de bienveillance sincère. Une qualité simple en apparence, presque évidente. Comme le souligne Emmanuel Jaffelin dans Éloge...

La gentillesse : force ou faiblesse ?

« Retirer les gentils du monde et cela devient un enfer », écrit Christophe André. Une affirmation qui résonne… mais qui interroge aussi. Car au fond, qu’est-ce que la gentillesse ?

C’est cette disposition à être à l’écoute, attentif à l’autre, animé par une forme de bienveillance sincère. Une qualité simple en apparence, presque évidente. Comme le souligne Emmanuel Jaffelin dans Éloge de la gentillesse, il ne s’agit pas d’un trait inné, mais bien d’une vertu qui se cultive. La gentillesse se construit, se travaille, s’affine avec l’expérience, la réflexion et l’attention portée aux autres. Elle est un choix, presque un engagement.

Et pourtant, cette vertu est souvent reléguée au rang des banalités. Trop douce, trop commune, parfois même jugée naïve. Dans une société où l’affirmation de soi, la performance et une certaine forme de dureté sont valorisées, la gentillesse peut sembler décalée, voire suspecte. Comme si elle dissimulait une faiblesse. Sans doute est-ce pour cela que le terme « bienveillance » lui a peu à peu été préféré, comme s’il conférait davantage de légitimité. Mais ne serait-il pas temps de redonner à la gentillesse ses lettres de noblesse ?

En réaction, on peut se demander s’il faut être gentil en toutes circonstances. Existe-t-il une juste mesure ? Peut-on être « trop » gentil ? Autant de questions qui traversent nos vies et qui prennent tout leur sens au cabinet dentaire. La gentillesse y est une qualité essentielle, presque fondatrice. Elle rassure, apaise, crée du lien. Le sourire d’un patient, en fin de consultation, en est souvent la plus belle reconnaissance. Elle n’exclut ni la rigueur, ni l’exigence, ni la compétence – bien au contraire. Mais elle a aussi ses limites. Une gentillesse sans cadre peut exposer à certains abus : demandes pressantes, exigences démesurées, tentatives de manipulation. Être attentif à l’autre ne signifie pas s’oublier. Dans un contexte où les patients arrivent souvent anxieux, stressés, parfois en souffrance, notre posture est mise à l’épreuve. La gentillesse devient alors une véritable compétence relationnelle : savoir accueillir sans subir, écouter sans céder, rassurer sans se renier.

Pourtant, malgré ces nuances, une évidence demeure : la gentillesse fait du bien. Elle allège les journées, adoucit les relations, transforme les soins en rencontres. Quel plaisir de soigner un patient respectueux, reconnaissant. Quel confort aussi d’évoluer au sein d’une équipe où la gentillesse circule naturellement. Peut-être est-ce là, finalement, sa véritable force !

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