Désormais, l’enjeu principal concernant les restaurations adhésives n’est plus tant de réussir l’adhésion que d’en maintenir les qualités à travers le temps. Lutter contre les mécanismes de dégradation qui affectent les interfaces de collage est devenu un sujet de préoccupation majeur sur lequel se concentrent les efforts en matière de recherche. Si les mécanismes de dégradation liés aux contraintes mécaniques ou aux phénomènes d’hydrolyse qui cassent les chaînes de polymère sont bien connus, d’autres facteurs moins connus ou considérés peuvent aussi jouer un rôle important. Les métalloprotéases (MMP) sont une famille d’enzymes présentes dans la dentine capables de dégrader les matrices extra-cellulaires, en particulier les fibres de collagène impliquées dans la couche hybride obtenue lors du protocole de collage dentinaire. Certains inhibiteurs exogènes sont réputés limiter, voire annihiler leur action.
Les auteurs de l’article rapporté indiquent ainsi que des études in vitro ont montré la capacité de la chlorhexidine (CHX) en faible concentration (0,1 à 2 %) à inhiber l’activité des MMP et à maintenir la force d’adhésion de la résine composite sur la dentine pendant des périodes de vieillissement prolongées. Ces conclusions ont incité les cliniciens à appliquer une solution de digluconate de chlorhexidine sur les surfaces dentinaires avant l’application de l’adhésif lors du protocole de collage, mais cette précaution est-elle réellement efficace cliniquement ? L’équipe strasbourgeoise auteure de cette étude essaie d’y répondre en présentant les résultats de leur revue systématique de littérature avec méta-analyse concernant la synthèse des preuves cliniques issues de la littérature scientifique à propos de l’influence d’un prétraitement à la CHX sur la longévité clinique des restaurations adhésives en résine. Pour obtenir une réponse au plus haut niveau de preuve…