Rayons X

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  • Publié le . Paru dans Parodontologie Implantologie Orale, un nouveau regard n°3 - 15 septembre 2024 (page 59-61)
Information dentaire
QUIZ 1 : Que voyez-vous sur cette radiographie panoramique ?
QUIZ 2 : Si vous envisagez un examen complémentaire, quelle est sa justification ? Quelles sont les mentions à apposer ?
QUIZ 3 : Que voyez-vous sur les coupes du CBCT présentées aux figures 2 et 3 ?
QUIZ 4 : Quelle est l’orientation de ce que vous voyez ?
QUIZ 5 : Quel est l’impact sur les zones anatomiques environnantes ?

Contexte clinique

Un patient de 12 ans, accompagné de sa maman, consulte l’orthodontiste pour obtenir un avis sur conseil de son praticien traitant. Le patient est en bonne santé et n’a jamais eu traitement d’orthodontie. Il apporte la radiographie panoramique réalisée par son praticien traitant (fig. 1).

QUIZ 1. Que voyez-vous sur cette radiographie panoramique ?

Réponse 1

À la lecture de cette radiographique panoramique, un mésiodens entre 11 et 21 est distinguable, en projection de la 21 et de la face mésiale de la racine de la 11. L’image en regard du sinus secteur 1 et des apex de 12 à 17 est un artéfact. Les germes de 18 et 48 sont visibles.

QUIZ 2. Si vous envisagez un examen complémentaire, quelle est sa justification ? Quelles sont les mentions à apposer ?

Réponse 2

La réalisation d’un CBCT (Cone Beam Computed Tomography) est alors indiquée afin de localiser le mesiodens pour évaluer son impact sur les zones anatomiques environnantes et de prévisualiser l’abord chirurgical d’extraction. Ici, la zone d’intérêt est la région incisive maxillaire, donc un petit champ est le choix idéal. De plus, en faisant ce choix, la dose de rayonnements ionisants sera bien inférieure que pour un champ moyen ou grand. Enfin, plus le champ est petit, meilleure est la précision de l’image. Pour ce cas clinique : champ 4X4, dose 145mGy.cm², voxel 125 µ.

QUIZ 3. Que voyez-vous sur les coupes du CBCT présentées aux figures 2 et 3 ?

QUIZ 4. Quelle est l’orientation de ce que vous voyez ?

QUIZ 5. Quel est l’impact sur les zones anatomiques environnantes ?

Réponses 3-4-5

Grâce à ce CBCT, nous pouvons préciser :
– la présence d’un mésiodens situé entre les 11 et 21, dont la couronne est en relation directe avec les tiers médians radiculaires des 11 et 21 (contact très étroit avec leur ligament parodontal) ;
– son orientation en direction vestibulaire, sa couronne se situant entre les racines des incisives, et son apex en contact avec la paroi osseuse palatine, en secteur 2 ;
– la courbure de sa racine ;
– la présence d’un sac péricoronaire du mésiodens ;
– le contact très étroit du mésiodens avec le canal naso-palatin ;
De plus, nous pouvons constater l’impact du mésiodens sur les zones anatomiques environnantes :
– l’écartement anormal des racines des 11.21 dû à la présence et à la pression du mésiodens ;
– la voussure osseuse et muqueuse palatine en regard de l’apex du mésiodens ;
– une suspicion de disparition de la suture intermaxillaire en regard de la couronne du mésiodens.

Définition [1, 2, 3]

Le mésiodens – nom masculin – est une dent surnuméraire située entre les deux incisives maxillaires, qui se développe près de la suture médiane du palais. Généralement conique avec une racine courte, il peut être simple ou double. L’étiologie est mal comprise, mais la prolifération de la lamina dura et certains facteurs génétiques semblent en cause.

Prévalence [1, 2, 4, 5]

Le mésiodens est la dent surnuméraire la plus fréquente. Sa prévalence se situe entre 0,15 à 1,9 % des patients, bien que certains auteurs rapportent une fourchette de 0,10 à 5,04 %. Les mésiodens sont plus fréquents chez les garçons. Des antécédents familiaux et certaines maladies génétiques comme le syndrome de Gardner augmentent le risque. De plus, la prévalence est plus importante chez les patients asiatiques. Enfin, des recherches en cours semblent indiquer un risque accru en cas d’exposition à des facteurs environnementaux pendant la grossesse.
Symptômes et diagnostic
– un retard d’éruption des incisives maxillaires ;
– un déplacement des dents adjacentes, causant de possibles répercussions sur l’occlusion et l’alignement des dents ;
– la résorption des dents adjacentes ;
– une gêne et douleur, lorsque le mésiodens pousse au contact de tissus environnants (muqueuse palatine, canal naso-palatin) ;
– une voussure palatine, pouvant entraîner une gêne à la mastication ou une éventuelle douleur ;
– il a également été signalé d’autres complications telles que la résorption des racines adjacentes, l’apparition d’un encombrement, le développement de kystes dentigères, la dilacération et l’éruption ectopique des dents permanentes dans la cavité nasale [1], entre autres.

Diagnostic radiologique

– rétro-alvéolaire : découverte fortuite lors de la recherche de caries par exemple ;
– radiographie panoramique : découverte fortuite lors de la vérification de la présence des germes des dents permanentes, avec l’existence d’une image radio-opaque en projection avec les incisives, parfois difficile à distinguer si le mésiodens se superpose avec l’une ou l’autre des incisives. La présence de l’épine nasale radio-opaque et de forme apparente arrondie peut induire le praticien en erreur. La différence d’opacité avec le canal naso-palatin (radio-clair) peut aussi induire le praticien en erreur (contraste fort entre radio-clair et radio-opaque).
– CBCT : il permet de visualiser précisément le nombre, la forme et l’orientation, la taille du ou des mésiodens, ainsi que les rapports avec les dents voisines et les zones anatomiques telles que le canal naso-palatin et le plancher des fosses nasales. De plus, il permet de déterminer facilement la position intra-osseuse ou sous-muqueuse du mésiodens et d’anticiper les obstacles ou difficultés potentielles lors de l’intervention.

Traitement

Le traitement d’un mésiodens dépend de sa position et de son impact sur la dentition.
– Surveillance, si le mésiodens ne cause pas de problème.
– Avulsion, si le mésiodens perturbe l’alignement des dents ou provoque des complications. 

Importance du diagnostic précoce

• L’importance d’un diagnostic précoce d’un mésiodens doit être soulignée, afin d’anticiper les éventuelles conséquences et de planifier de manière efficiente l’éventuelle avulsion.
• Le maintien d’un mésiodens dans la cavité buccale peut avoir pour conséquence sa résorption interne, partielle ou totale (en dehors de l’émail), ainsi que son ankylose, rendant l’intervention plus difficile à réaliser.
• De plus, son trajet d’éruption se réalisera aux dépens des racines et du parodonte des dents adjacentes.

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