Rappels anatomo-physiologiques
Les sensibilités postopératoires trouvent leur explication principale dans la théorie hydrodynamique de Brännström (fig. 1).
Les tubuli dentinaires constituent également une voie de pénétration pour les bactéries. Celles-ci peuvent provoquer des sensibilités soit par leur migration vers la pulpe, soit par l’action de leurs toxines. Ainsi, l’obturation complète et durable des tubuli dentinaires permet théoriquement d’éliminer toute sensibilité postopératoire.
L’étanchéité de la restauration apparaît donc comme un facteur déterminant, notamment pour prévenir l’infiltration bactérienne, qui joue un rôle bien plus important dans les atteintes pulpaires que la cytotoxicité potentielle des matériaux. Les matériaux adhésifs doivent ainsi permettre l’obturation hermétique des millions de tubuli exposés lors de la préparation cavitaire.
Diagnostic des sensibilités postopératoires
Le diagnostic repose sur la distinction entre une sensibilité liée à un défaut d’étanchéité de la restauration et une douleur consécutive à l’acte thérapeutique lui-même (par exemple, une lésion induite par un crampon de digue).
Une véritable sensibilité postopératoire persiste généralement au-delà de 15 jours. Plus sa durée s’allonge, plus se pose la question d’une dépose de la restauration, suivie d’une phase de temporisation, voire d’un traitement endodontique.
Avant toute intervention restauratrice, il est indispensable d’évaluer avec précision l’état inflammatoire pulpaire (fig. 2).
En cas de doute diagnostique, une temporisation thérapeutique est recommandée.
Causes des sensibilités postopératoires et stratégies de prévention
Rôle du composite et du retrait de polymérisation
Qu’il s’agisse de restaurations directes ou indirectes, le matériau composite constitue le dénominateur commun. Son principal…

