Les sensibilités dentinaires sont fréquemment rapportées dans les causes de consultations initiales. Selon leur intensité et leur localisation, diverses approches cliniques peuvent être envisagées. Les restaurations directes, voire indirectes, restent des indications adaptées aux pertes de substances amélaires importantes, cervicales mais plus encore occlusales.
Si les réalisations directes en résine composite sont fréquemment utilisées pour les lésions cervicales non carieuses, quelques propositions ont été faites pour traiter ces lésions avec des chips en céramique collée.
En revanche, lorsque la perte de substance amélaire est occlusale et génère des sensibilités, la décision thérapeutique peut faire appel parfois à des restaurations indirectes justifiées par la recherche d’une stabilité dans le temps sur ces surfaces fortement sollicitées. Dans toutes les situations, l’observation clinique initiale et la compréhension des phénomènes à l’origine de ces pertes tissulaires sont des prérequis à la décision thérapeutique [1, 2].
Indications cliniques
Au-delà des expositions dentinaires ponctuelles liées à la maladie carieuse ou à une fissure/fracture ponctuelle [3], les sensibilités dentinaires occlusales sont souvent rencontrées dans les situations d’usure, en particulier celles liées à des phénomènes d’érosion chimique. D’autres situations associées à des défauts de minéralisation, comme les hypominéralisations incisives/molaires (MIH) ou les amélogenèses imparfaites, sont aussi sources de sensibilités dentinaires susceptibles d’être traitées par des restaurations directes ou indirectes [4-7].
L’érosion dentaire se définit comme une perte de substance dentaire liée à une dissolution chimique acide, non bactérienne. Elle se retrouve le plus souvent dans un contexte multifactoriel, associant des facteurs chimiques, mécaniques et biologiques, et résulte de deux grandes catégories…