L'Information Dentaire n°41 - 27 novembre 2019

9,00

UGS : ID A01941 Catégorie :
Feuilleter les premières pages

Description

ÉditorialBrèves de comptoir
Michel Bartala

Avant-propos
Un samedi matin…
Philippe Khayat

Revue de presse – Un outil dans le suivi clinique des patients atteints de pemphigoïde cicatricielle   Lire >>
Pascal De March
Presse médicale spécialisée – Philippe Léonard

Actualité hebdo

Nicolas Fontenelle

Dossier Le traitement des péri-implantites

Coordination scientifique : Philippe Khayat, Benjamin Pomès

> Définition et diagnostic : existe-t-il un consensus ?
Dov Derman, Myriam Derman, David Aidan, Benjamin Pomès

> Le saignement au sondage
Myriam Derman, David Aidan

> Prévalence et facteurs de risque : nos connaissances en 2019
Tarik Kabli, Murielle Wnekowicz

> Facteurs de risque prothétiques et péri-implantite
Olivier Fromentin

> Le poids de la maintenance : à propos d’une patiente suivie depuis 20 ans
Jean-Louis Giovannoli, Aurélien Delaunay

> Traitement des péri-implantites : proposition d’un protocole chirurgical
Corinne Lallam

> Lasers et péri-implantites : mythe ou réalité ?
Romain Castro, Romain Lan

> L’implantoplastie : une technique de régénération osseuse sans membrane ni biomatériaux ?
Philippe Khayat, David Aidan

> Élimination électrolytique du biofilm à la surface des implants : une nouvelle approche
Urs Brodbeck, Holger Zipprich, Markus Schlee

> Traitement des péri-implantites : encore beaucoup d’incertitudes
Benjamin Pomès, Myriam Derman, Dov Derman

> Rencontre avec Olivier Carcuac
Philippe Khayat

> Lire le dossier

ART

Exquises esquisses : l’âge d’or de la peinture anglaise au Musée du Luxembourg

Thierry Leroux


ÉDITORIAL

Brèves de comptoir

Les discussions de bistrot ont souvent fait l’objet d’ouvrages ou de blagues, les échanges conviviaux animés et parfois stimulés par les produits consommés donnant un relief supplémentaire à la perception des événements et de l’actualité… Le gouvernement, dans une prise de conscience de l’importance du facteur humain, a décidé récemment de favoriser le retour des cafés dans les agglomérations rurales. à la réflexion, ces cafés de villages ou de villes sont finalement les précurseurs des réseaux sociaux, d’internet, certes avec une capacité à diffuser l’information nettement moindre, même si la rumeur peut rapidement et largement se répandre… Certains humains en manque de sensations sont souvent avides du vécu des autres ; le fameux « bouche-à-oreille ». C’est ainsi que des réputations de praticiens se sont faites ou défaites à travers le colportage d’histoires plus ou moins déformées au détour d’un apéritif au comptoir ou d’un repas amical où fuse la fameuse question : « Et donc, tu connais un bon dentiste ? » D’ailleurs, quelle que soit la profession concernée, ce qualificatif, « bon », peut présenter quelques biais d’interprétation ou de définition. En rapport direct avec la compétence, il est pourtant éminemment entaché de subjectivité.

Alors comment apprécier la capacité d’un professionnel à être « compétent » ? Est-ce celui qui n’a pas d’échec, pas de problème ? Si cela peut paraître rassurant pour le candide, je le classerais pour ma part plus volontiers dans la catégorie des bonimenteurs que des connaisseurs. En réfléchissant aux différents paramètres, la complexité de cette définition nous apparaît rapidement. Alors que penser de la publicité, de l’auto-promotion d’un professionnel ? Je n’imagine pas un instant une annonce vantant la capacité à assumer les échecs ou à réparer les erreurs commises, du type : « Si vous êtes malades après avoir dîné dans notre restaurant, nous vous offrons deux boîtes de Vogalène ! » Nous savons tous que les promesses publicitaires (comme les autres d’ailleurs !) n’engagent que ceux qui les écoutent.

Pour faire bref, entre l’auto-promotion d’une activité professionnelle ou d’un produit et le bouche-à-oreille issu d’un bistrot, je me demande si je ne préfère pas le résultat statistique de l’impression d’une population, même si les puristes des chiffres me prouveront certainement que le résultat est aussi biaisé. Et vous ? Quels motifs vous poussent à opter pour un praticien plutôt qu’un autre, quel que soit le domaine médical ? La formation permanente me semble devoir en faire partie, et au premier chef ! Mais comment l’apprécier ? Mais le faut-il ? Car finalement, « pour être salée, la mer n’a pas besoin de le dire ».

Alors même si nous n’arborons pas nos heures passées en amphis et autres salles de TP sur les murs de nos cabinets, formons-nous, toujours. C’est le moteur de nos compétences et le reflet de notre volonté d’avancer, perceptible par nos patients. À défaut d’en discuter au comptoir, j’espère que nous aurons l’occasion d’échanger nos idées lors de votre passage à l’ADF !

Michel Bartala
Rédacteur en chef


AVANT-PROPOS

Un samedi matin…

Lisbonne. Congrès de l’EAO. Samedi 28 septembre, 9h08.
Un peu en retard. Pas question de rater cette séance. Direction le grand auditorium. Les hôtesses sont là mais les portes sont fermées. On m’indique la mezzanine. Je monte les marches quatre à quatre. Soulagement, il reste quelques places. Je découvre une salle de deux mille personnes, pleine à craquer. Du jamais vu un samedi matin !
Titre de la séance : How to treat peri-implantitis (Comment traiter la péri-implantite).
Bien que les implants constituent pour nous, chirurgiens-dentistes, l’une des plus grandes avancées de ces quarante dernières années, tout n’est pas rose.
Alors que les complications mécaniques deviennent de plus en plus rares, nous assistons à une augmen­tation importante des complications biologiques. Ces complications sont insidieuses. Le patient a peu conscience de l’évolution de sa maladie et le diagnostic n’est pas toujours précoce. Il faut alors informer un patient souvent surpris puis mettre en place une stratégie de traitement. Mais laquelle ?

Puis-je traiter sans lever un lambeau ? Comment décontaminer la surface de l’implant ? Dois-je utiliser des brossettes en titane ? Un aéropolisseur ? Un laser ? Une solution de chlorhexidine ? Des antibiotiques ? Dois-je envisager une implantoplastie ? Utiliser des matériaux de comblement ? Une membrane ? Dois-je retirer la prothèse ?

L’Information Dentaire est là où vous avez besoin d’elle. Ce numéro spécial sur le traitement de la péri-implantite était nécessaire dans un contexte de grandes incertitudes concernant le traitement de cette maladie. Nous avons tenté de vous apporter quelques pistes de réflexion avec l’aide de Benjamin Pomès, praticien hospitalier co-directeur d’enseignement avec Mickaël Samama et Alice Guyon du DIU de réhabilitation orale implantaire de la Pitié-Salpêtrière, avec les rédacteurs en chef, Michèle Reners et Michel Bartala, enfin avec nos auteurs David Aidan, Urs Brodbeck, Olivier Carcuac, Romain Castro, Aurélien Delaunay, Dov Derman, Myriam Derman, Jean-Louis Giovannoli, Tarik Kabli, Corinne Lallam, Romain Lan, Markus Schlee, Muriel Wnekowicz, Holger Zipprich.

Un grand merci à Claudie Damour-Terrasson, au directeur scientifique de L’Information Dentaire Michel Pompignoli et au comité de rédaction qui nous renouvellent leur confiance pour ce numéro spécial, à Nathalie Devaux très efficace directrice des rédactions et à toute l’équipe de l’hebdomadaire.

Philippe Khayat
Coordinateur scientifique
Membre du comité éditorial de L’Information Dentaire