Savant coup d’œil et beau coup de crayon dans le même bateau
Pour fixer l’image d’une espèce rare ou inconnue il suffit aujourd’hui d’un smartphone – qui en plus l’analyse et vous déroule tout l’état de l’art. Au XVIIe siècle, et pendant longtemps, observer, décrire, interpréter ou représenter faisait appel à des talents distincts. Ceux des savants bien sûr, mais aussi des artistes, tout botaniste ou naturaliste ne possédant pas cette maîtrise du trait que sauront s’adjoindre Jussieu et avant lui Buffon – lequel d’ailleurs jugea vite qu’il valait mieux laisser la main à plus expert, estimant que « pour peu que le sujet soit vaste ou compliqué, il est bien rare qu’on puisse l’embrasser d’un coup d’œil ».
Aussi les expéditions scientifiques embarquaient-elles dessinateurs, peintres et imageurs de tout poil pour documenter au détail près la vie découverte dans les territoires explorés. Cette grande histoire, nul ne pouvait mieux la raconter que le Muséum d’histoire naturelle. D’abord parce que c’est la sienne et l’origine de ses collections, mais pour la raison aussi – ce qu’on sait moins – qu’il perpétue toujours la tradition de collaboration avec les artistes. L’institution, bien que créée sous ce nom en 1793, s’autorise de cette continuité de vues pour remonter jusqu’à son origine, ce jardin des plantes de Louis XIII décidé en 1626 qui lui permet de fêter cette année, et à travers cette exposition, son quatrième centenaire.
Fidélité et complicité, maîtres-mots à bord
Quel artiste ne serait pas tenté d’enjoliver un peu ce qu’il découvre et qu’avant lui souvent personne n’a vu ? À l’époque des Grandes Découvertes en effet on n’hésitait pas à orner de chimères les zones blanches des cartes d’un monde encore partiellement connu. Un tout autre esprit de rigueur préside aux explorations dès le XVIIe…



