L’UBPS (Union belge des professionnels de santé) et l’Association professionnelle belge des hygiénistes bucco-dentaires (BBM) appellent, le 4 mai, les pouvoirs publics belges à adopter trois mesures prioritaires : la création d’une nomenclature complète pour les hygiénistes dentaires, l’extension de la gratuité des soins préventifs aux moins de 18 ans, quel que soit le prestataire – chirurgien‑dentiste ou hygiéniste -, ainsi que le déploiement de ces derniers dans les écoles et les structures de santé publique.
C’est une circulaire publiée le 22 avril par l’Inami, la sécurité sociale belge, qui les fait réagir. Elle rappelle qu’un dentiste ne peut facturer que les prestations qu’il a personnellement réalisées, excluant ainsi toute facturation d’actes effectués par un hygiéniste.
Cette position met en lumière les limites de la nomenclature actuelle, qui ne prévoit le remboursement que de deux actes réalisés par les hygiénistes : le détartrage et le scellement de sillons. D’autres actes pourtant autorisés – examens buccaux, conseils de prévention ou certaines radiographies – ne sont pas pris en charge lorsqu’ils sont réalisés par ces professionnels, alors qu’ils le sont lorsqu’ils sont effectués par un dentiste.
Selon les deux organisations, cette situation freine le développement de la collaboration interprofessionnelle et limite l’accès aux soins préventifs. « Les professionnels se retrouvent exposés à des contrôles, sans disposer d’un cadre clair leur permettant d’agir correctement », alertent les représentants du secteur.
Les conséquences sont également relevées du côté des patients : alors que les soins dentaires sont gratuits chez un dentiste conventionné pour les moins de 18 ans, certains actes préventifs réalisés par un hygiéniste restent à la charge des patients. « On ne peut pas continuer à privilégier le traitement plutôt que la prévention », soulignent les organisations, appelant à une évolution du cadre réglementaire pour aligner la Belgique sur les modèles déjà développés dans plusieurs pays européens.
La nouvelle convention dentaire adoptée
60,48 % des dentistes du Plat Pays ont adhéré à l’Accord national dento-mutualiste 2026-2027 (l’équivalent de notre convention dentaire), indique l’Inami (la sécu belge) le 13 mars. La convention est donc entrée en vigueur sur l’ensemble du territoire puisqu’il fallait au moins 60 % de votes favorables. En revanche, le nouvel accord n’a pas pu entrer en vigueur dans six villes (Anvers, Malines, Turnhout, Saint-Nicolas, Roulers, Neufchâteau) pour lesquelles le pourcentage de refus d’adhésion a dépassé les 50 %. « Les dentistes de ces arrondissements qui ont néanmoins adhéré à l’accord et respectent leurs engagements » peuvent toutefois l’appliquer, précise l’Inami. La nouvelle convention comprend notamment des mesures visant à améliorer l’accessibilité financière des soins dentaires et des revalorisations de plusieurs honoraires.
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