Boissons sucrées : une consommation encore trop élevée en France

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°20 - 21 mai 2025
Information dentaire

En France, la consommation de boissons sucrées (incluant sodas, jus de fruits, sirops, même « light ») reste préoccupante, selon les résultats du baromètre de Santé publique France 2021 publiés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) le 29 avril.

Près de 18,2 % des hommes et 11,9 % des femmes déclarent consommer plus d’un verre par jour, alors que les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) préconisent un maximum d’un verre quotidien.

Cette surconsommation concerne un adulte sur sept et dépasse les 20 % chez les hommes âgés de 18 à 34 ans. Elle est particulièrement marquée dans les régions Hauts-de-France, Normandie et Grand Est, où les niveaux sont supérieurs à la moyenne hexagonale. Dans les Hauts-de-France, par exemple, plus d’un homme sur cinq dépasse la limite recommandée.

La consommation excessive de boissons sucrées est inversement liée au niveau d’éducation : elle concerne 20 % des personnes sans diplôme contre seulement 8 % des diplômés du supérieur. Elle varie également selon le revenu, la situation professionnelle et la taille de l’agglomération.

Le BEH rappelle que ces boissons sont associées à un risque accru de surpoids, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. L’étude n’intègre malheureusement pas les conséquences sur la santé bucco-dentaires. Selon des données mondiales, 2,2 millions de cas de diabète de type 2 (soit 9,8 % des nouveaux cas dans le monde en 2020) et 1,2 million de maladies cardiovasculaires (3,1 % des nouveaux cas) seraient imputables à leur consommation.

Pour inverser la tendance, le BEH recommande des actions structurelles : encadrement de la publicité, modification de l’offre dans les distributeurs automatiques, taxation, ou encore recours aux « nudges » (coups de pouce) comportementaux dans la restauration collective comme par exemple placer des fruits au niveau des yeux ou près de la caisse enregistreuse dans une cafétéria de lycée.

Le baromètre montre également que seules 25 % des femmes et 19 % des hommes consomment suffisamment de fruits et légumes. Seuls 29 % des hommes et 26 % des femmes mangent des féculents complets quotidiennement, et 23 % consomment des légumes secs au moins deux fois par semaine.

Là encore, le respect des recommandations alimentaires varie selon l’âge, le niveau de diplôme, le revenu ou encore la taille de l’agglomération. Le BEH souligne l’importance d’adapter les politiques nutritionnelles aux réalités sociales et territoriales pour améliorer durablement les comportements alimentaires.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Santé publique

Prise en charge de l’obésité : une nouvelle stratégie nationale

Le gouvernement a lancé le 14 janvier la feuille de route 2026‑2030 pour la prise en charge des personnes en...
Santé publique

Acide hyaluronique injectable : une surveillance européenne renforcée

Face à la croissance rapide du marché, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a...
Santé publique

L’OMS veut taxer les boissons sucrées et l’alcool pour financer les systèmes de santé

L’OMS exhorte, le 13 janvier, les gouvernements à augmenter significativement les taxes sur les boissons sucrées et alcoolisées. Objectif :...
Santé publique

« Et toi, t’as des caries ? »

Caries, anatomie dentaire, parodontite, implants, hygiène bucco-dentaire… Dans le cinquième et dernier épisode de la série Youtube « Quand je serai grand je serai soignant »...
Santé publique

Un tiers des décès traumatiques en Europe sont imputables à l’alcool

Un décès traumatique sur trois en Europe est imputable à la consommation d’alcool, rappelle l’OMS Europe fin décembre. Selon les...
Santé publique

Vaccination antigrippale : l’ANSM dénonce les leurres homéopathiques

Alors que l’ensemble des régions métropolitaines sont en phase épidémique pour la grippe et que la campagne de vaccination se...