Bruxisme du sommeil chez les adolescents : une revue systématique de la littérature des facteurs de risques associés

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°4 - 15 septembre 2016
Information dentaire
L’étude des troubles du sommeil pourrait être d’une grande aide dans la prise en charge du bruxisme du sommeil chez les adolescents.

Si de multiples facteurs de risque ont été associés au bruxisme du sommeil (BS), de nombreuses questions concernant son étiologie n’ont pas encore trouvé de réponses et freinent sa prise en charge.
La prévalence du BS culmine dans l’enfance à environ 14-20 %, se stabilise à l’adolescence aux alentours de 8-12 %, pour décroître ensuite jusqu’à 3 %, sans considérations de genre.
Les adolescents représentant la majorité des patients d’orthodontie et le BS étant associé aux ADAM, cette revue systématique de la littérature avait pour but d’identifier les facteurs de risque de BS chez les adolescents âgés de 11 à 19 ans. Les auteurs voulaient également déterminer l’importance respective de ces facteurs de risque et évaluer leur relation avec les symptômes de BS.
Ils ont interrogé plusieurs bases de données électroniques (PubMed, Embase, Scopus, le registre des essais cliniques des groupes Cochrane Oral Health, le registre Cochrane des essais contrôlés, le Web of Science, LILACs, et SciELO) afin d’identifier les articles évalués par des pairs et dont l’inclusion dans la revue était potentiellement pertinente. Le risque de biais a été évalué selon les recommandations du manuel Cochrane pour les revues systématiques des interventions en santé, avec un rapport en accord avec les lignes directrices pour l’écriture et la lecture des revues systématiques et des méta-analyses (PRISMA).
Cette recherche a identifié 4546 articles, dont seuls 4 ont été retenus après application de tous les critères d’inclusion. Selon la méthodologie GRADE, l’ampleur de l’accord était quasiment parfaite pour tous les items étudiés. Les troubles du sommeil, et le ronflement en particulier, les maux de tête, la fatigue des muscles manducateurs, et l’attrition dentaire semblent être associés au BS chez les adolescents âgés de 11 à 19 ans.
La portée de cette revue systématique reste limitée : en dépit de l’intérêt marqué de la communauté scientifique pour le domaine des parafonctions orales, seules quatre études transversales ont répondu aux critères d’inclusion, et aucune d’elles n’a démontré une relation de cause à effet.
Les auteurs concluent que les troubles du sommeil présentent la plus forte association avec le BS, et que très peu de caractéristiques occlusales présentent une association, qui reste modérée. Le sens commun indique que l’étude des troubles du sommeil pourrait être d’une grande aide dans la prise en charge du BS chez les adolescents

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Revue de presse

Médiation canine et soins dentaires aux patients à besoins spécifiques

L’association française de thérapie assistée par l’animal (TAA) définit cette pratique comme une intervention thérapeutique structurée intégrant un animal spécifiquement...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Coronectomie et suites postopératoires à court terme

Le but de cette étude est de comparer la coronectomie standardisée et l’avulsion totale des troisièmes molaires mandibulaires incluses à...
Revue de presse

Étude clinique, onlay et relevé de marge

Les études cliniques ont pour objectifs principaux d’évaluer la tolérance (absence d’effets nocifs) et l’efficacité d’un médicament, d’un dispositif médical...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Aliments ultra-transformés et risque de cancer

Objectif Étudier le rôle de l’adiposité dans l’association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le cancer des voies aéro-digestives supérieures...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Onlays et limites marginales

Avec la prise de conscience du principe d’économie tissulaire, les progrès et l’émancipation de la dentisterie adhésive indirecte, portés par...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Influence des protocoles d’activation orthodontique à 3 versus 6 semaines sur l’alignement antérieur mandibulaire : un essai clinique randomisé

Objectif : Comparer l’efficacité de protocoles d’activation orthodontique toutes les 3 semaines et toutes les 6 semaines sur l’alignement des incisives mandibulaires...