Fixée sur un mur du bureau, la patère offre un tour du monde gratuit à quiconque rapproche ses yeux. Dubaï, Stockholm, Abou Dabi, Cheverny, Paris, Le Cap, Budapest, Doha, Tours, Boston… Au total, 18 médailles s’exposent fièrement. Gravé dessus : « marathon », « maratón » ou « maratona ». Fin du suspense : notre hôte, Stéphane Sxay, est un adepte de la mythique distance de 42,195 km. Pardon, le mot n’est pas assez fort. Plutôt « un inconditionnel », voire « un collectionneur », sourit l’intéressé.
À ce jour, le chirurgien-dentiste de 57 ans en a déjà 14 dans les jambes, tous bouclés. Dernier en date, celui de Sydney, le 30 août dernier. Chrono : 2h52. Un temps qui le classe premier Français de sa catégorie, Masters 4 (les runners nés entre 1968 et 1972).
Quand on parvient à « l’attraper » à son retour d’Australie, on l’imagine au repos, tout courbaturé, avec des cuisses lourdes, des mollets durs, des guiboles endolories. Tout le contraire ! « J’ai déjà repris l’entraînement et je dois avouer que ça va bien », assure-t-il, sur la route qui le mène à son cabinet à Romorantin, dans le Loir-et-Cher.
C’est que Stéphane Sxay n’a pas de temps à perdre. Dans quelques jours, dimanche 11 octobre, il sera au départ du marathon de Chicago, avec l’objectif de battre son record personnel de 2h49. Il a étudié le parcours mètre après mètre dans la grande ville de l’Illinois. « C’est complètement plat, c’est un billard. Donc je devrais pouvoir accrocher les 2h48, voire 2h47. » Mais, passé l’euphorie, il coupe aussitôt : « Attention au vent quand même, ça peut changer la physionomie de la course. On sait très bien que sur marathon rien n’est écrit d’avance. »
En réalité, Chicago n’est pas « juste un marathon de plus ». Il fait partie des mythiques « WMM », pour World Marathon Majors, bref les plus grands marathons du monde.