Complémentaires santé : résultats 2020 : moins de cotisations, moins de prestations et plus de bénéfices

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

En 2020, l’ensemble des cotisations en santé s’établit à 38,2 milliards d’euros en baisse de 0,3 % sur un an. « Il s’agit de la première baisse depuis au moins huit ans », indique le rapport annuel de la Drees sur « La situation financière des organismes complémentaires santé (OCS) » publié le 4 février. Cette baisse est liée à la montée en charge de la réforme de la Complémentaire santé solidaire (CSS) qui réduit progressivement les cotisations perçues par les organismes complémentaires. Il faut également noter un effet Covid non négligeable, la dégradation du marché du travail entraînant une baisse des cotisations. Les contrats collectifs représentent 49 % des cotisations collectées en santé. Côté prestations, les OCS ont versé 29,8 milliards aux assurés après 30,3 milliards en 2019. « Ce repli marqué s’explique directement par la baisse de la consommation de soins et biens médicaux, notamment lors du premier confinement », souligne la Drees.

Bénéfices en hausse de 1,7 %

Conséquences de cette forte baisse, les OCS ont, dans leur ensemble, dégagé des excédents : au total 637 millions d’euros, soit 1,7 % des cotisations collectées hors taxes contre 1,2 % en 2019. La rentabilité des mutuelles dépasse exceptionnellement celle des sociétés d’assurances (3,2 % pour les mutuelles, contre 1,8 % pour les sociétés d’assurances). L’activité des institutions de prévoyance reste en revanche déficitaire (- 3,1 % après - 3,6 % en 2019). Ces écarts de rentabilité s’expliquent notamment par des répartitions différentes entre les contrats individuels et les contrats collectifs. « Les organismes qui exercent une activité d’assurance santé sont financièrement solides, conclut la Drees sur ce chapitre. Les fonds propres dont ils disposent, et qui sont supposés leur permettre d’honorer leurs engagements vis-à-vis des assurés en cas de pertes imprévues, couvrent en effet largement le minimum de capital requis (519 %) et le capital de solvabilité (229 %) ».

Un ratio cotisations/prestations de 78 %

Les OCS reversent aux assurés 78 % de leurs cotisations sous forme de prestations. Les contrats collectifs offrent un retour sur cotisations plus élevé (85 %) que les contrats individuels (71 %). Ce sont les institutions de prévoyance qui offrent le meilleur retour sur cotisations (87 %), devant les mutuelles (76 %) et les sociétés d’assurances (76 %). « Cette hiérarchie entre les trois familles d’organismes s’explique en partie par le poids que représentent les contrats collectifs dans leur activité », explique la Drees.
Les charges de gestion restent stables sur un an et représentent 20 % des cotisations collectées. Les institutions de prévoyance affichent les charges les plus faibles (16 %), devant les mutuelles (19 %) et les sociétés d’assurances (22 %). « Les mutuelles se caractérisent par des frais liés à la gestion courante des contrats et des systèmes d’information plus élevés, tandis que les sociétés d’assurances se distinguent par des frais plus importants liés à la publicité, au marketing et à la rémunération des intermédiaires », selon le rapport.

Forte augmentation du financement en dentaire

En 2020, malgré la crise sanitaire, la part des complémentaires dans le financement des soins dentaires s’élève à 43,3 % (51,6 % pour les prothèses dentaires), en augmentation de 3,2 points par rapport à 2019. Cette forte progression « s’expliquerait par la mise en place, début 2020, des trois paniers en dentaire pour lesquels les contrats responsables des organismes complémentaires couvrent une partie des soins prothétiques », estime la Drees. En 2020, les OCS ont pris en charge 52 % des dépenses du panier « 100 % santé », 36 % des dépenses du panier à tarif modéré et 66 % du panier à tarif libre. En audiologie, ils financent 23,2 % des dépenses et 69,6 % en optique.

Un marché de plus en plus concentré

En 2020, 428 organismes exercent une activité de complémentaire santé : 301 mutuelles, 102 sociétés d’assurances et 25 institutions de prévoyance. Soit 11 de moins en un an. Depuis 2001, le nombre de mutuelles a été divisé par cinq et celui des institutions de prévoyance par deux. En revanche, le nombre de sociétés d’assurances a peu baissé. Désormais, les 20 plus grands organismes concentrent, à eux seuls, plus de la moitié du marché en matière de cotisations collectées et les 100 plus grands (environ un quart des organismes) en détiennent 91 %.

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