Alors que l’American Heart Association (AHA) propose aux praticiens américains de dépister l’hypertension et les maladies cardiovasculaires au fauteuil, en intégrant la mesure de la tension artérielle aux visites de routine, une étude publiée en ligne dans le Journal of Dentistry le 20 février met en évidence le rôle potentiel des chirurgiens-dentistes dans le repérage précoce du diabète et du prédiabète.
Selon les chercheurs du King’s College London, un simple test sanguin réalisé en quelques minutes pourrait permettre de détecter de nombreux patients non diagnostiqués. « Les visites dentaires constituent une opportunité encore largement sous-utilisée pour identifier les personnes à risque », souligne l’étude.
Sur une cohorte de 911 patients, un tiers des personnes testées lors d’un rendez-vous dentaire présentaient un résultat suggérant un prédiabète ou un diabète non connu.
Le test, effectué par une simple piqûre au doigt, mesure l’HbA1c – hémoglobine glyquée, indicateur du taux de glucose moyen sur les trois derniers mois – et fournit un résultat en six minutes, sans jeûne préalable. « Plus de 35 % des patients n’ayant rapporté aucun antécédent de diabète présentaient des valeurs supérieures aux seuils habituels », indiquent les auteurs.
Absence de jeûne et rapidité de lecture
Les chercheurs rappellent que près de 1,3 million de personnes pourraient vivre avec un diabète de type 2 sans diagnostic au Royaume-Uni. L’enjeu du repérage précoce est donc majeur pour limiter les complications, alors que le lien entre maladie parodontale et déséquilibre glycémique est désormais bien documenté. L’étude confirme d’ailleurs cette corrélation : les taux d’HbA1c augmentaient progressivement selon la sévérité de la maladie parodontale. « La relation entre maladie parodontale et santé métabolique est bidirectionnelle ; chacune influence l’autre », rappellent les auteurs.
Selon eux, les résultats de l’étude suggèrent que les consultations dentaires peuvent aider à repérer les personnes à risque, « en particulier les patients âgés, ceux avec un IMC élevé et ceux présentant une maladie gingivale ». Lorsque le test révélait un HbA1c élevé, les patients étaient appelés à consulter leur médecin généraliste.
L’intérêt du dispositif tient aussi à sa faisabilité clinique : absence de jeûne, rapidité de lecture et possibilité d’intégration lors de rendez-vous de routine. Les auteurs notent que la majorité des patients étaient surpris, mais acceptaient facilement un dépistage qu’ils n’auraient pas sollicité spontanément.
Commentaires