Les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) chirurgiens‑dentistes libéraux de Bretagne et de Nouvelle‑Aquitaine alertent sur « l’enjeu majeur » que constitue l’exposition au bruit dans les cabinets dentaires et saisissent officiellement le Conseil national professionnel des chirurgiens‑dentistes (CNP‑CD).
À l’occasion de la Journée nationale de l’audition du 12 mars, elles demandent l’ouverture d’un travail national structuré sur ce risque professionnel, encore peu documenté à l’échelle nationale.
Selon les deux URPS, l’existence de niveaux sonores préoccupants est aujourd’hui établie. Systèmes d’aspiration, détartreurs ultrasoniques ou instruments rotatifs, des mesures menées en 2023 font état d’une exposition moyenne de 80 dB(A) sur une journée de travail de huit heures. Ce niveau atteint la valeur qui impose, selon le Code du travail, la mise à disposition de protections auditives, des actions de sensibilisation et un suivi audiométrique préventif.
Les expositions répétées peuvent entraîner fatigue auditive, acouphènes, troubles de l’audition et altérations irréversibles, tant pour les praticiens que pour leurs assistants. Entre octobre et novembre 2025, l’URPS de Bretagne a d’ailleurs mené une campagne de dépistage auditif en ligne auprès des cabinets dentaires : 253 tests ont été réalisés. Parmi les chirurgiens‑dentistes, 75 % déclaraient une difficulté à comprendre dans le bruit, 33 % des acouphènes passagers et 4 % des acouphènes permanents. Chez les assistantes dentaires, 83 % rapportaient une gêne auditive.
Les URPS demandent au CNP‑CD d’intégrer ce risque à ses travaux nationaux, d’analyser les données scientifiques disponibles, d’objectiver les niveaux d’exposition propres à la pratique dentaire et de formuler des recommandations de prévention.
Elles appellent également à un dialogue avec l’INRS, l’Assurance maladie‑Risques professionnels et les ministères concernés, notamment autour d’une éventuelle reconnaissance de ce risque au titre des maladies professionnelles.
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