Face à l’échec d’un traitement bucco-dentaire

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°16 - 19 avril 2023 (page 42-44)
Information dentaire
Aucun praticien n’est à l’abri d’un échec thérapeutique. Il peut apparaître même lorsque des soins attentifs, consciencieux et conformes aux données acquises de la science ont été prodigués. La faute du praticien ne peut être retenue, tandis que le patient, victime de cette situation, ne peut être laissé seul face à l’insuccès. La relation de confiance nouée entre eux va conditionner la suite de la prise en charge. Le patient doit accepter l’échec et permettre la poursuite de ses soins. Le praticien doit assumer l’échec et offrir à son patient une nouvelle solution permettant la résolution des complications.

Situation

— Une prothèse dentaire parfaitement adaptée se fracture deux mois après sa pose…

— La présence d’un quatrième canal non traité au niveau d’une dent 27 mène à une infection et au retrait de la dent traitée et couronnée…

— La pose de deux implants sur un site parfaitement sain et sans antécédent médical aboutit à des péri-implantites…

Je tente d’apporter à mes patients des explications à des situations souvent complexes et imprévues. Après quoi, puis-je les orienter vers d’autres praticiens pour poursuivre leur prise en charge ?

Dois-je proposer de refaire gratuitement les soins en échec ? Ma responsabilité serait-elle alors reconnue ?

Puis-je réclamer des honoraires pour ces nouveaux traitements puisque je n’ai commis aucune faute ?

Réflexions du Professeur Olivier Hamel

Professeur des Universités. Praticien hospitalier. Faculté de chirurgie dentaire de l’Université de Toulouse.

Que celui qui n’a pas connu l’échec « imprévisible » me jette la première réprimande !

C’est la part d’imprévu à accepter dès lors qu’on travaille sur le corps humain, si complexe de physiologie, de biologie…

La question de l’acceptation partagée de ce risque, aujourd’hui certes plutôt rare, par le praticien ET par le patient est pleinement posée, à l’heure de la codécision des traitements entrepris.

Trois questions nous sont posées.

Puis-je réorienter mon patient ? Oui, bien sûr, si c’est le souhait du patient, mais surtout si cela est nécessaire pour répondre à une indication thérapeutique qui peut être nouvelle et hors de votre champ de compétence.

Dois-je refaire « gracieusement » et cela permet-il de reconnaître ma responsabilité ? Nous avons je crois tous refait un jour ou l’autre un travail suivi d’un échec, d’autant plus si on considère que cette « variable » a été prise en compte et intégrée dans nos honoraires initiaux. Quant…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Exercice professionnel

Cumul emploi‑retraite des chirurgiens‑dentistes : ce qui change à compter du 1er janvier 2027

À compter du 1er janvier 2027, les conditions d’accès au cumul emploi‑retraite (CER) des chirurgiens‑dentistes évolueront dans le cadre de...
Exercice professionnel

Article réservé à nos abonnés Gestion des DASRI au cabinet dentaire

La nouvelle définition du risque infectieux L’évolution majeure réside dans le passage d’une classification systématique à une évaluation au cas...
Exercice professionnel

Article réservé à nos abonnés Le briefing pour sécuriser les journées de travail

Le briefing constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour aligner l’équipe autour d’objectifs communs et anticiper les difficultés...
Exercice professionnel

Lésions oculaires liées à l’exposition chronique aux éclairages dentaires : un risque non négligeable pour les praticiens

Les éclairages utilisés au fauteuil pourraient exposer les chirurgiens‑dentistes à un risque sous‑estimé d’atteintes rétiniennes. C’est la principale conclusion d’une...
Exercice professionnel

Une étude britannique alerte sur l’impact climatique du N₂O dentaire

L’usage du protoxyde d’azote en dentisterie génère un impact environnemental bien supérieur à celui estimé jusqu’ici, selon une étude publiée...
Exercice professionnel

HPV : les dentistes devraient pouvoir vacciner

« Les chirurgiens-dentistes, rodés aux injections, exercent dans un environnement très sûr en termes d’hygiène et d’asepsie et sont parfaitement aptes à intégrer la vaccination dans leur exercice quotidien »,...