Rayonnante nature
C’est au laser que Miguel Chevalier réalise ses sculptures, comme ce flocon de glace modélisé en 3D puis découpé en fines lamelles dans le plexiglass, en séparant empreinte et forme pour donner deux œuvres distinctes, l’une positive, l’autre négative, et jouer ainsi de la complémentarité présence / absence de chaque Digital Crystal. Une dualité qu’on retrouve plus expressément formulée encore dans Janus, antique dieu de l’ambivalence, capable de voir l’endroit et l’envers des choses, mais aussi de regarder autant vers le passé que vers l’avenir. C’est d’ailleurs un trait majeur de l’artiste lui-même, à la fois pionnier de l’art numérique très en pointe sur la création à l’ère de l’IA* et branché depuis toujours sur la vie débridée et hybridée de végétaux proliférant dans ses luxuriants paysages. Nature primitive et technologie avancée n’ont rien d’antinomique pour lui, soucieux au contraire de donner une matérialité aux univers virtuels, de transformer leurs données en objets physiques et d’interroger notre perception de l’espace, de la lumière, de la matière. Le laser est ainsi l’un des outils dont il s’est assuré la complicité et dont il use en dialogue avec d’autres modes de fabrication numérique et de vidéo-projection, rayonnant aussi bien au cœur ombreux des cathédrales qu’au flanc minéral d’îles sauvages. C’est dire si, en tout temps et lieux, le paysage est son rayon.
Digital by Nature
The art of Miguel Chevalier
Museum de Fundatie à Zwolle, Pays-Bas
Du 3 octobre au 4 avril
Exposition Beyond Retina
The Mayor Gallery, Londres
Du 5 novembre au 20 décembre
Changement à vue dans le paysage
C’est sous les éclairages les plus variés et pointus que l’ambitieuse exposition du Musée Marmottan Monet embrasse la question du paysage, témoin de nos avatars humains. Sous…

