La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé, le 20 juillet, l’instauration d’une obligation vaccinale annuelle pour l’ensemble des professionnels de santé, qu’ils soient salariés ou libéraux, ainsi que pour les étudiants des filières médicales et paramédicales.
L’autorité étend également cette recommandation aux autres professionnels travaillant dans des établissements de santé ou médico-sociaux accueillant des personnes âgées et en contact avec des personnes à risque de forme grave.
Dans la foulée, le gouvernement a annoncé le 21 juillet engager les travaux nécessaires à la mise en œuvre de cette obligation (lire encadré ci-dessous) en commençant par les professionnels travaillant dans les structures hébergeant des personnes âgées.
Il a précisé d’emblée « qu’aucune sanction ne sera appliquée pour la première année de mise en œuvre ».
L’avis de la HAS repose sur un constat préoccupant : malgré des années de recommandations et de campagnes de sensibilisation, la couverture vaccinale des soignants demeure très faible (20 % dans les établissements de santé et 21 % dans les Ehpad lors de la saison 2024-2025).
L’instance met également en avant le poids croissant de la grippe saisonnière. L’épidémie 2024-2025 a été associée à environ 92 000 hospitalisations et à un excès de mortalité estimé à 17 000 décès dont neuf sur dix concernent des personnes âgées de 65 ans et plus, principalement celles âgées de plus de 75 ans.
« La saison grippale se concentrant sur une période de 10 à 12 semaines, elle entraine également de fortes tensions sur le système de soins au point de provoquer des mesures exceptionnelles (déprogrammations, plans blancs…) », ajoute l’autorité.
Pour la HAS, une amélioration de la vaccination des professionnels constitue le levier le plus efficace pour réduire ce risque. « Aucune étude n’a identifié d’alternative à la vaccination permettant de diminuer l’incidence de la grippe en établissement de soin ou en Ehpad ; les mesures barrières ne se substituant pas à la vaccination bien qu’elles lui soient complémentaires », rappelle-t-elle.
Déploiement progressif en libéral
L’autorité indique également que les expériences menées en Finlande et aux Etats-Unis ont « démontré l’efficacité rapide et durable d’une obligation vaccinale antigrippale des professionnels pour augmenter les taux de vaccination à des niveaux supérieurs à 90 % ».
Elle relève en outre que les enquêtes françaises publiées entre 2024 et 2025 montrent qu’une majorité de professionnels et de citoyens se déclare favorable à une telle mesure pour renforcer la sécurité des soins.
L’institution dit aussi avoir pris en compte les arguments avancés par les organisations professionnelles auditionnées (collèges professionnels, syndicats, sociétés savantes…), notamment « le devoir d’exemplarité, de déontologie et de responsabilité professionnelle, ainsi que la nécessité d’assurer la protection des personnes prises en charge » et « la cohérence des messages de santé publique portés par les professionnels de santé ».
Elle préconise donc un déploiement immédiat et prioritaire dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD), où résident les populations les plus vulnérables.
Dans les autres structures, y compris l’exercice libéral, elle recommande « un déploiement progressif sur une période de deux ans renouvelables un an, dans un cadre concerté, afin de garantir la faisabilité et l’acceptabilité de la mesure ».
A l’inverse, la HAS ne recommande pas d’obligation vaccinale pour les personnes âgées de 65 ans et plus vivant en collectivité, estiamant que leur couverture vaccinale, déjà élevée à 82,7%, dépasse l’objectif de 75% fixé par l’Organisation mondiale de la santé.
Concertation
Dans un communiqué le ministère de la Santé précise que les travaux nécessaires à la mise en œuvre de l’obligation vaccinale porteront notamment sur le calendrier et les modalités de déploiement, les établissements, professions et situations de contact concernés, mais aussi sur les modalités de preuve la vaccination, de contrôle et des éventuelles contre-indications médicales à la vaccination.
Le calendrier sera « précisé et concerté dans les prochaines semaines ». Cette concertation sera conduite avec « les représentants des professionnels et des étudiants, les employeurs publics et privés, les fédérations sanitaires et médico-sociales, les représentants des usagers et les acteurs de la santé au travail ».
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