GSSOS : fédérer, former, anticiper

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°40 - 20 novembre 2019
Information dentaire

Le Groupement des Société Scientifiques Odonto-Stomatologiques (GSSOS), membre de l’ADF, fédère des sociétés nationales et locales, mono et pluridisciplinaires. Rencontre avec sa nouvelle présidente, Christine Romagna.

Vous êtes la nouvelle présidente du GSSOS, succédant à Georges Dorignac, à sa tête depuis 1994. Comment concevez-vous l’avenir de cet héritage prestigieux ?

Christine Romagna : Le GSSOS a été fondé en 1966 par des grands noms de la profession, dont Marmasse, Boursier, Budin…, à une époque où celle-ci cherchait à se constituer en groupe fort et uni. Fusion, association, coordination, force collective étaient les maîtres mots. Le 29 mars 1968, était signé par le GSSOS le protocole d’accord de la création de l’ADF puis l’acte de création en lui-même le 16 janvier 1970. Plus près de nous, le GSSOS, sous la présidence remarquable du Professeur Georges Dorignac depuis 1994, a contribué, comme ses statuts le stipulent, à la formation permanente des praticiens par l’intermédiaire de ses sociétés membres tout en « naviguant » (terme adéquat pour ce navigateur passionné au propre comme au figuré) au sein de l’ADF. Le nouveau bureau du GSSOS, élu en juillet 2019, s’inscrit dans la succession et le respect de la belle histoire du groupement, créé par des hommes d’imagination et de talent.
Rappelons ici le sens des mots choisis : la médecine a perdu désormais le mot « stomatologie », qui signifiait science de la bouche. En odontologie (science de la dent), il est remplacé par chirurgie orale et médecine bucco-dentaire, elle-même en voie d’être remplacée par trois ou quatre spécialités…
Le GSSOS, Groupement des Sociétés Scientifiques en Odonto-Stomatologie, continuera, lui, à parler de la bouche dans son ensemble en tant que système d’organes, ouverture sur l’appareil digestif, mais aussi lieu de la parole et du sourire propres à l’humain, véritable carrefour du corps humain pour son développement dès la vie fœtale jusqu’au dernier soupir…

Comment envisagez-vous l’évolution de la formation proposée par les sociétés adhérentes au GSSOS ?
C. R. : Des questions de fond se posent sur l’avenir des sociétés scientifiques en général, sur l’esprit de la profession : individuel ou collectif, car à l’instar de la société française tout entière, nous sommes en pleine mutation. De nombreuses réorientations dans la formation se profilent, dont la certification périodique du diplôme de chirurgien-dentiste : de quel type et sous quelle forme va-t-elle se faire ? Quels buts poursuivre en matière de formation continue : l’excellence des connaissances ou l’accompagnement pour une pratique clinique raisonnée ? Ou bien les deux ? Le rapport UZAN et l’ONCD insistent sur la pertinence d’une démarche volontariste en vue d’améliorer la relation praticien-patient, ainsi qu’une démarche personnelle d’amélioration de la qualité de vie et de la santé des praticiens. Ces nouveaux thèmes feront partie des obligations de formation. Ayant présidé durant neuf ans la Société Française d’Odontologie Psychosomatique et Sciences Humaines (membre du GSSOS), je veillerai particulièrement à ce que ces deux nouveaux items de formation soient soulignés au sein de toutes celles que le GSSOS dispensera.

Dans quel esprit les sociétés adhérentes au GSSOS participent-elles aux objectifs que vous vous êtes fixés, et que pensez-vous pouvoir leur apporter ?
C. R. : Les sociétés scientifiques souffrent depuis quelques années d’une baisse de fréquentation des formations données en présentiel. Il faut bien sûr analyser les causes. Manque de motivation des praticiens pour sortir de leur cabinet, pour consacrer du temps à la formation au détriment de leurs loisirs, intérêt trop faible des acquisitions lors des formations pour être appliquées au cabinet, changement des mentalités, engouement pour les sessions de coaching afin de mieux vivre la situation de profession libérale et de TPE ou PME pour certains…

Le GSSOS propose une entraide entre les différentes sociétés scientifiques, car il a la volonté que l’état d’esprit des sociétés de type loi 1901 demeure… face à la concurrence grandissante, voire prépondérante des formations privées et commerciales.

Nous formulons des vœux et souhaits :
– que les soins techniques et médicaux soient réalisés avec la conscience qu’il existe un sens et que les patients soient accompagnés à le trouver… ;
– que les sociétés qui se rassemblent au sein du GSSOS y trouvent la complémentarité, la convivialité, le partage de valeurs collectives et humanistes ;
– que le GSSOS, avec ses séances scientifiques, devienne un creuset où l’on se préoccupe de la bouche avec la rigueur scientifique tant du côté des données avérées et des techniques performantes que de l’approche humaine.

Le GSSOS affirmera plus que jamais ses valeurs dans ce sens, tant dans les échanges entre ses sociétés membres, que lors de son congrès annuel prévu à Bordeaux au printemps 2021 qui sera organisé par l’Association Internationale de Gérontologie (AIG).

Pour l’heure, le GSSOS se concentre sur sa séance ADF qui aura lieu le mercredi 27 novembre sous le titre « Bien-être du patient, sérénité du praticien ». C’est chaque année sa place au sein du congrès de l’ADF et c’est une tribune importante pour que les différentes sociétés membres puissent s’exprimer devant, non seulement leurs cotisants, mais aussi un public élargi et renouvelé.

Quelles sont vos relations actuelles avec l’ADF ? Le congrès ADF ?
C. R. : Nous avons une représentativité au niveau de l’ADF puisque nous siégeons à son conseil d’administration avec deux membres : Patrick Rouas, l’un des deux vice-présidents du GSSOS et moi-même. Ce même conseil d’administration m’a élue cette année au comité directeur.
C’est une « institution » formidablement dynamique qui travaille dans de nombreuses directions avec un souci fort, curieux de tout et attentif pour le développement de la profession dans son ensemble. Nous y apprécions aussi l’apport mutuel entre les différentes composantes représentatives, certes mêlé de débats, mais aussi de concertations dans un esprit toujours très constructif.

Par ailleurs, notre secrétaire adjointe Marie-Eve Do Ich a été élue vice-présidente du Conseil National Professionnel.

Toutes ces implications sont une chance qui permettra aux sociétés membres de recevoir de nombreuses informations sur la profession en général et la formation continue plus spécifiquement.

Le nouveau bureau du GSSOS

Présidente : Christine Romagna
Vice-président : Christian Declocquement
Vice-président : Patrick Rouas
Secrétaire général : Michel Pompignoli
Secrétaire générale adjointe : Marie-Ève Do Ich
Trésorière : Véronique Dupuis
Trésorier adjoint : Didier Maurice

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