L'Information Dentaire n°40 - 20 novembre 2019

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UGS : ID A01940 Catégorie :
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Description

Éditorial« Tant qu’on a la santé… »
Michel Pompignoli

Revue de presse – Un outil dans le suivi clinique des patients atteints de pemphigoïde cicatricielle   Lire >>
Société Française de Chirurgie Orale
Presse médicale spécialisée – Philippe Léonard

Actualité hebdo

Nicolas Fontenelle

Se former

Application clinique en chirurgie

Réhabilitation implantaire secteur postérieur mandibulaire et ROG I Lire >>
Benjamin Sommaire, Alexandra Bonnat, Georges Khoury

Parodontologie

Rôle du chirurgien-dentiste  chez les patients obèses éligibles à une chirurgie bariatrique I Lire >>
Matthieu Frémont, Virginie Monnet-Corti

Urgence

Agir devant une réaction allergique au fauteuil I Lire >>
Aymeric Lapp

Pratiquer

Prévoyance et retraite en loi Madelin : un marché en pleine mutation
Mathieu Lepage

Histoire

Qui était Georges Dagen ?
Micheline Ruel-Kellerman


Edito

« Tant qu’on a la santé… »

Un lieu commun est une banalité dont la profondeur peut échapper, avancée à toute occasion. Il porte une connotation péjorative et désigne la personne qui l’énonce comme peu originale, ordinaire, la propulsant dans un profond désintérêt. Il est souvent utilisé quand on est à bout d’arguments pour défendre une idée qui mériterait mieux.

Portant, il prend son véritable sens quand on est amené à le vivre. On peut alors en découvrir la profondeur, comparée au désintérêt qu’il a suscité quand il n’était qu’un lieu commun. Ainsi en est-il du lieu commun des lieux communs : « Tant qu’on a la santé… »

À vingt ans, l’insolence de la jeunesse méprise, ignore même la portée de ce cliché. Plus on avance en âge, plus on se rend compte du sens prégnant de cette évidente banalité. Et quand on fait valoir son droit à la retraite… Le cliché repointe le bout de son nez, avec plus de force encore.
« Bon, la santé alors ? ». « Elle va bien merci ». Car les douleurs dans le dos, aux genoux, au niveau des épaules, les crampes aux bouts des doigts, la prostate (« J’ai la rate qui s’dilate et j’ai le foie qu’est pas droit… » [Ouvrard]) n’entravent pas la notion de bonne santé. On n’est pas malade de rhumatisme car tout le monde en souffre. C’est d’un commun ! C’est même un signe de survie.
Mais personne ne parle des patients qui manquent, comme autant de rencontres peu à peu oubliées. Cliché ?

Personne n’évoque le mal-être que provoque l’absence du regard de reconnaissance après un traitement réussi (parfois même raté !), de la réflexion sur la meilleure solution pour cet autre qui souffre et a besoin de nos connaissances pour être soulagé.

Avant, on réussissait à « caser » un jour de (presque) loisirs, enserré entre des jours de contraintes. Et on pensait alors : « Vivement la retraite ! » Aujourd’hui, c’est l’inverse. Une journée de contraintes (relatives) enfermée entre plusieurs jours de loisirs. Trop de liberté tue la liberté, non ? On ne trouve pas le temps de rattraper le temps perdu (tient, un lieu commun !). Ah ! ce sentiment de ne plus être utile et nécessaire au sein d’une société par trop individualiste et égoïste (cliché !). On peut alors se sentir investi d’une mission de sauvetage de l’humanité… et ne plus avoir la force physique de la conduire. Mais « tant qu’on a la santé… ».

Pourtant, globalement, nous sommes des retraités heureux (encore un cliché !) d’après le commun des mortels.

Allez, cessons de philosopher… ou de pleurnicher. Cet éditorial n’a pas non plus vocation à donner des leçons. Une humble et simple réflexion. « Non, la retraite n’est pas une fin en soi. Le plus difficile, une fois la page entièrement tournée, c’est de conserver la santé »*.
Tiens, un rayon de soleil illumine les couleurs de l’automne à travers la fenêtre de mon bureau. Ouverte !

Michel Pompignoli
Directeur scientifique