Influence du placement juxta-crestal ou sous-crestal de l’implant sur le remodelage osseux

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire
objectif de cette étude est d’évaluer l’influence du positionnement du col implantaire par rapport à la crête sur le remodelage osseux péri-implantaire. Le type d’implant choisi est un implant switching platform avec cône morse. Il s’agit d’une étude prospective, randomisée, avec un suivi de 18 mois. Chez un même patient, deux implants sont posés, les deux au maxillaire ou à la mandibule. Sur un secteur, un implant est positionné en juxta-crestal et sur l’autre secteur, un implant est positionné en sous-crestal avec un enfoncement du col de 1,5 à 2,0 mm. Les résultats sont analysés sur 86 implants (43 patients). La mise en charge se fait à 4 mois, provisoirement pendant deux mois puis de manière définitive. Le remodelage osseux est défini comme la variation de la distance « hauteur de crête – premier contact osseux à la surface de l’implant ». Il est radiologiquement mesuré à 6, 12 et 18 mois après la mise en place chirurgicale. Est également mesurée la variation de positionnement des tissus mous, collets et papilles après la mise en charge, à 6 et 12 mois.

À 18 mois tous les implants sont encore en place sans complication clinique rapportée.
Les résultats de cette étude sont somme toute assez classiques. Un remodelage osseux se produit essentiellement pendant la période de cicatrisation puis tout se passe, un an après la mise en charge, comme si, radiologiquement, l’os reprenait sa position de départ. La variation est plus importante pour les implants positionnés 1,5 à 2 mm sous le niveau de la crête (- 0,4 +/- 0,7 mm) que pour les implants épicrestaux (- 0,13 + /- 0,8 mm). Pour autant, ces différences restent non significatives. Comme on peut s’y attendre, il y a plus d’os en coronaire de la jonction implant-pilier avec les implants sous-crestaux et seul le groupe des implants épicrestaux présente des pertes osseuses sous la jonction implant-pilier (10,5 %). Ces résultats sont tout à fait semblables à ceux de la littérature déjà existante sur le sujet. Le même constat est fait pour l’impact sur les tissus mous.

Même si cette étude ne permet pas de décider si un positionnement est préférable à un autre, il faut garder à l’esprit que placer un implant sous-crestal diminue le risque d’exposition de l’implant, limite les indications de greffe osseuse et permet une meilleure gestion des espaces occlusaux réduits.

Il est un résultat, pourtant pas mis en avant par les auteurs, fort intéressant. Le diamètre de l’implant a un impact sur le remodelage osseux : les petits diamètres (3,3 mm) ont des remodelages osseux moindres, sous-entendu des pertes osseuses moindres. Ce fait renforce l’idée que le remodelage osseux est proportionnel à l’épaisseur osseuse ; plus l’épaisseur d’os autour de l’implant est importante, plus la résorption est faible. C’est tout l’intérêt des implants de faibles diamètres, pour autant que les industriels puissent garantir leur solidité. Vouloir mettre des implants les plus larges possibles pour optimiser le profil d’émergence ne semble plus être d’actualité.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Onlays et limites marginales

Avec la prise de conscience du principe d’économie tissulaire, les progrès et l’émancipation de la dentisterie adhésive indirecte, portés par...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Influence des protocoles d’activation orthodontique à 3 versus 6 semaines sur l’alignement antérieur mandibulaire : un essai clinique randomisé

Objectif : Comparer l’efficacité de protocoles d’activation orthodontique toutes les 3 semaines et toutes les 6 semaines sur l’alignement des incisives mandibulaires...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Modifications significatives de la ventilation, du développement cranio-facial et de la posture : une étude multidisciplinaire sur les effets de l’adénoïdectomie

Objectif : L’objectif de cette étude était d’évaluer les modifications des schémas respiratoires, du développement cranio-facial ainsi que de la posture...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Posture de la tête avant et après la correction d’une occlusion inversée postérieure unilatérale chez des enfants en croissance : une étude contrôlée randomisée

Introduction et objectif : Le potentiel d’amélioration de la posture de la tête après la correction d’une occlusion inversée postérieure reste...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Coronectomie et suite postopératoires à court terme

L’avulsion des troisièmes molaires mandibulaires est une activité courante dans la pratique du chirurgien oral. Cependant, la proximité radiculaire avec...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Pulpites et pulpotomies sur dents matures

En décembre dernier la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un rapport intitulé : « Thérapeutique de préservation de la vitalité pulpaire...