Journée des assistantes dentaires : « Longue vie à notre profession de santé » !

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

C’est avec ces mots que Dominique Munoz, présidente de l’Union française des assistantes dentaires (UFAD), a ouvert la deuxième Journée nationale des assistantes dentaires qu’elle organisait, le 2 avril, à Paris (quartier de Bercy). 

Un amendement au projet de loi de santé actuellement en cours de discussion au Parlement, adopté à l’unanimité, propose en effet de leur consacrer un nouvel article du Code de la santé publique (CSP). « Nous voyons enfin le bout du tunnel, nous allons être reconnus comme une profession de santé et nous structurer dans ce sens », s’est-elle félicitée. Devant environ 300 assistantes (une vraie réussite), elle a laissé filtrer une pointe d’émotion en évoquant « un acquis historique » pour lequel elle se bat depuis vingt ans. 

Quels seront les avantages d’une inscription au CSP ? D’abord la possibilité de créer des passerelles aujourd’hui inexistantes entre cabinets libéraux, hôpitaux, centres de santé, mais aussi établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou structures d’accueil pour handicapés. Car l’inscription au CSP, cela veut dire obtenir un diplôme unique reconnu par l’Etat et donc valable en toutes circonstances. Cette reconnaissance officielle est une vraie sécurité juridique. Elle entraînera une revalorisation du métier et probablement la mise en place de délégations de tâches, la possibilité de « faire carrière » avec des évolutions de postes et, peut-être, à terme, la création du fameux métier d’hygiéniste.

Pourtant, le plus dur commence. L’inscription au CSP est un préalable indispensable, mais tout reste à faire. « Après le vote, tous les représentants des assistantes dentaires, les centres de formation devront se réunir, négocier, avec les chirurgiens-dentistes, syndicats, Ordre, université, pour construire la profession et écrire les décrets d’application de la loi », souligne Dominique Munoz. Un travail de longue haleine. Il faudra définir les conditions de formation, les tâches dévolues, les spécialités accessibles et leur formations (endo, ortho, pédo…), les nouveaux postes, par exemple la présence d’assistantes dentaires dans les services longs séjours des hôpitaux ou dans les écoles pour faire de la prévention, refondre des grilles de salaires, etc. « Après tant d’attente, il ne faut pas se louper, prévient Dominique Munoz. Nous devons nous interroger sur ce que nous voulons réellement. J’invite donc toutes les assistantes à nous faire remonter leurs suggestions, leurs attentes, leurs idées. »

Prenant la parole, Gilbert Bouteille, vice-président du Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes, a lancé une comparaison avec l’Allemagne qui compte 2 à 3 assistantes par cabinet dentaire avec des hygiénistes, alors que plus d’un tiers de praticiens français travaillent seuls… « Cette inscription au Code de la santé est une nécessité pour faire évoluer la situation actuelle par respect pour le patient en particulier et la santé publique en général. » 

Les représentant des syndicats dentaires présents, Philippe Denoyelle, président de l’UJCD, et Marie-Françoise
Gondard-Argenti, vice-présidente de la CNSD, ont tenu à souligner qu’ils soutenaient « sans réserve » cette évolution du métier d’assistante dentaire. Mais ils ont aussi rappelé « les problèmes de financement » aujourd’hui rencontrés dans les cabinets dentaires. Ils visaient, sans les nommer, la faiblesse du niveau des remboursements des soins dentaires et le tiers payant que la même loi de santé veut généraliser et rendre obligatoire dès 2017, engendrant nombre de tracasseries administratives. 

« Comment un chirurgien-dentiste peut-il confier des tâches qui ne sont pas économiquement viables, interroge Marie-Françoise Gondard-Argenti. En Suisse, un détartrage c’est 145 euros, en France 28,95 euros. » Une remarque qui aurait pu doucher les enthousiasmes. Mais non…Cette inscription au code, tant désirée, suffisait visiblement, pour l’instant, au bonheur des assistantes.

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