L’Ordre contre les denturistes

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°12 - 27 mars 2024
Information dentaire

Le Conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes (ONCD) porte plainte contre le dirigeant de la structure « France Denturiste », mais aussi contre le maire de la commune de Seine-et-Marne qui soutient l’installation de son école de formation. « Ce métier n’est pas reconnu en France et son exercice constitue un exercice illégal, indique l’institution dans « La Lettre » du mois de mars. (…) Il en va du risque que nos concitoyens soient traités par des individus non détenteurs de la capacité requise pour exercer un métier médical. »

Selon la définition qu’en donne le site internet de « France Denturiste », le « denturiste » ou « denturologiste » est « le seul professionnel qui réalise à la fois la conception (avec analyse et prise d’empreintes sur le patient), la fabrication et la pose de prothèses amovibles, et effectue leur réparation. Il intervient lorsque tous les soins dentaires sont terminés, mais il dispose cependant de connaissances médicales lui permettant d’identifier et signaler un risque de pathologie pour réadresser le patient au médecin ou praticien traitant ».

Cette profession, interdite en France, est autorisée dans d’autres pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou le Québec où elle est même encadrée par un Ordre. En France, depuis près de vingt ans, « France-denturiste » tente, sans succès, de faire reconnaître cette profession et propose même des formations depuis quelques années. Les étudiants ne se pressent pas au portillon : pour l’année 2022-2023, ils n’étaient… que trois. L’organisme de formation estime que ce métier doit être autorisé en France grâce à l’accès partiel à la profession de chirurgien-dentiste autorisée par les textes européens.

Si un arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) de 2021 indique bien qu’aucune profession ne déroge à l’accès partiel, la même Cour estime, d’une part, qu’un État membre devrait être en mesure de refuser l’accès partiel si ce dernier met en cause la sécurité des patients (ce que met en avant l’Ordre) et, d’autre part, dans une décision antérieure, que l’accès à la bouche se fait toujours sous supervision du chirurgien-dentiste. « Aucun texte n’est aujourd’hui envisagé par les pouvoirs publics visant à la création d’un tel métier », précise l’Ordre.

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