L’Ordre des chirurgiens-dentistes va faire peau neuve

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire
Nouveau logo, nouvelle stratégie de communication, ouverture aux réseaux sociaux, réforme institutionnelle… L’Ordre des chirurgiens-dentistes et son nouveau président, Serge Fournier, font feu de tout bois.
Clarté, transparence, équité. » Ainsi Serge Fournier, président du Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes (ONCD), élu en juin dernier, définit-il la politique qu’il entend mener pour les trois années à venir, durée de son mandat. Lors d’une conférence de presse à Paris le 19 octobre, il a présenté les sujets qu’il compte faire évoluer.

Repenser la communication de l’Ordre

L’Ordre a l’ambition de refondre sa communication interne et externe. Objectif : « Se reconnecter » aux échelons ordinaux départementaux et aux chirurgiens-dentistes pour faire face aux « mutations idéologiques et technologiques ». Une nouvelle cellule de communication interne est mise sur pied pour « affirmer la légitimité et la crédibilité de l’Ordre auprès des chirurgiens-dentistes et des pouvoirs publics ». Deux maîtres-mots : présence et réactivité. L’Ordre national promet d’être plus présent auprès des conseils départementaux pour les aider dans leur communication locale en leur livrant des éléments de langage. La création d’un hashtag (#ONCD) devrait permettre à l’institution, selon Steve Toupenay, secrétaire général chargé du numérique, « d’être présente partout, tout le temps, et de réagir rapidement » au sujet d’actualité sur tous les réseaux sociaux : Twitter, Instagram, Facebook… Autre ambition : créer rapidement des « rencontres nationales de l’Ordre » ouvertes aux praticiens et aux étudiants.

Ouvrir la communication des praticiens

« Nous allons faire évoluer le Code de déontologie pour permettre aux praticiens de communiquer largement sur internet et les réseaux sociaux, assure Serge Fournier. Le mouvement est inéluctable. Plutôt que de le subir, il vaut mieux l’accompagner. » Mais attention, il n’est pas question de supprimer le cadre déontologique mais de l’élargir. « Le législateur ne souhaite pas que les professionnels de santé communiquent comme le font les sociétés commerciales », rappelle-t-il. La frontière intangible reste le secret médical. « Je crois en l’autorégulation. Il y aura forcément des aberrations au cours des premiers mois, mais cela rentrera dans l’ordre. » Une charte devrait bientôt être dévoilée.

Assistantes dentaires : « hygiéniste n’est plus un gros mot pour l’Ordre »

« Nous avons obtenu leur entrée au Code de la Santé publique, nous devons maintenant aller plus loin, en adoptant un niveau II », affirme Serge Fournier. Mais les discussions sont en stand-by. Selon le président de l’Ordre, le ministère de la Santé semble faire cavalier seul sur le sujet. Il appelle donc à la création d’un groupe de travail rassemblant toutes les composantes de la profession comme cela a été le cas pour le niveau I (cadre d’emploi et formation) dont les décrets sont parus. Mais une chose est certaine pour Serge Fournier : dans ce nouveau cadre d’exercice, les assistantes devront rester sous la subordination du chirurgien-dentiste. Quelles pourraient être leurs nouvelles attributions ? L’Ordre se montre très ouvert : prévention, détartrages (mais pas les surfaçages), scellements de sillons, formation à l’hygiène, radiologie ou prises d’empreintes seraient accessibles sous réserve des formations adéquates. « Le mot d’hygiéniste n’est plus un gros mot pour l’Ordre », insiste-t-il.

Entrer dans l’ère du numérique en santé

« Nous devons anticiper l’exercice de demain », estime de président de l’ONCD. Il souhaite que la télémédecine dentaire (ou télé-dentisterie) obtienne rapidement un financement de l’assurance maladie, seule manière de développer cette nouvelle activité qui selon lui permettra de mieux prendre en charge les personnes âgées dépendantes en EHPAD et de soulager les praticiens installés en zones sous-dotées. Les médecins ont obtenu récemment la cotation des actes de télémédecine et bientôt de télé-expertise (entre médecins) après négociations conventionnelles. Serge Fournier appelle donc les syndicats dentaires à suivre cet exemple.

Réformer l’institution

L’Ordre devrait adopter un management entrepreneurial qui se traduira notamment par une « chasse au gaspi », une « meilleure efficience des services » et le recours à des méthodes de « motivation » du personnel et des élus. Surtout, l’année 2019 sera l’occasion d’une large déconcentration : priorité sera donnée à l’échelon dépar­te­mental qui deviendra incontournable pour les praticiens. Les élections dans les Ordres départementaux, la fusion de certains Ordres régionaux et la création de nouvelles chambres disciplinaires permettront un large renouvellement et une féminisation de l’instance.

Poursuivre l’accès aux soins pour tous

« Handicap, précarité ou dépendance, 10 millions de Français sont en difficulté, nous devons leur permettre d’accéder aux soins bucco-dentaires », s’engage Dominique Chave, secrétaire générale de l’Ordre en charge de la commission « Vigilance et thérapeutiques ». L’Ordre poursuivra le développement de son « pôle patients » en travaillant avec les associations de patients et les réseaux de type UFSBD. Soins dans les EHPAD, unités mobiles de soins, bus dentaires, bus sociaux… De plus en plus d’initiatives fleurissent en région. Dominique Chave devrait présenter à l’ADF une carte de France de ces actions, « mais le premier recours demeure le chirurgien-dentiste de proximité », assure-t-elle.

Centres de santé : à surveiller

« Nous sommes en guerre contre certains centres, dits low-cost, dont le fonctionnement lucratif ne correspond pas à l’éthique et engendre des soins non conformes et des mutilations. Mais les centres dentaires traditionnels et les centres mutualistes ne sont pas nos ennemis, même si nous continuerons à observer ce qui s’y passe », martèle Serge Fournier. L’Ordre a récemment trouvé un accord avec la Mutualité Française sur les contrats d’exercice des praticiens salariés dont le travail n’est plus soumis à rendement.

Réforme du 3e cycle

A la demande du ministère de la Santé, les professions de santé doivent réformer le 3e cycle de leurs études. Au niveau bucco-dentaire, le travail se poursuit, dans l’objectif de faire évoluer les propositions qui émanent de la conférence des doyens et du chargé de mission (donc des enseignants), des étudiants, des internes, de l’Ordre et des syndicats.

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