Le CNPS dépose à son tour un recours en Conseil d’Etat

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

En plus de deux syndicats dentaires (CNSD et UD), du Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes, mais aussi de syndicats de médecins, de pharmaciens ou biologistes, le Centre national des professions de santé (CNPS), qui regroupe 32 syndicats professionnels, va déposer à son tour devant le Conseil d’Etat un recours en annulation de trois textes de loi parus récemment au Journal officiel et ouvrant la voie à l’accès partiel aux professions de santé (décret 2017-1520 du 2 novembre 2017, arrêté du 4 décembre 2017, arrêté du 8 décembre 2017). Après avoir passé au crible la directive européenne « qualifications professionnelles », le CNPS estime, le 9 février, que, dès lors que la formation de plusieurs professions a fait l’objet d’une coordination entre les Etats membres et que les diplômes sanctionnant ces formations font l’objet d’une reconnaissance automatique entre États (chirurgiens-dentistes, infirmiers, médecins, pharmaciens, sages-femmes, vétérinaires), « il n’y a pas, pour les professions correspondantes, de possibilité d’accès partiel ». En résumé, la reconnaissance automatique exclut l’accès partiel.

L’intersyndicale relève également que la directive rejette elle-même l’accès partiel aux professions de santé. En effet, un considérant (note explicative liée au texte de la directive) stipule qu’en « cas de raisons impérieuses d’intérêt général (…) un État membre devrait être en mesure de refuser l’accès partiel. Cela peut être le cas, en particulier, pour les professions de santé, si elles ont des implications en matière de santé publique ou de sécurité des patients. L’octroi d’un accès partiel devrait être sans préjudice du droit des partenaires sociaux à s’organiser ».

Le CNPS engage la bataille juridique, car il voit dans l’accès partiel « une machine à démanteler par bloc les métiers et compétence des professions réglementées de santé pour instaurer des « sous-professions » et ainsi favoriser l’émergence d’une offre de soins low cost, sous-qualifiée et non garantie. L’accès partiel pourrait creuser les inégalités en instaurant un système de santé à deux vitesses », soulevant la question de la perte de chance pour les patients qui n’auraient pas été pris en charge par des professionnels de santé de plein exercice.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Politique de santé

Elections municipales : 12 propositions pour la santé des soignants

À l’approche des élections (15 – 22 mars 2026), l’association SPS – l’Institut pour la Santé des Soignants – publie,...
Politique de santé

Plus de prévention pour « Mon espace santé »

« Mon espace santé » va entrer dans une nouvelle phase, axée sur la prévention personnalisée et la coordination des soins, a indiqué...
Politique de santé

Mon espace santé : vers plus de prévention et de coordination des soins

Quatre ans après sa création, près de 97 % des Français disposent d’un profil Mon espace santé, dont 24 millions sont activés....
Politique de santé

Désinformation en santé : une stratégie nationale pour contrer un risque majeur

Face à une « désinformation massive » qui « altère la confiance dans les institutions » et « fragilise la démocratie », la ministre de la...
Politique de santé

L’ONU intègre la santé bucco-dentaire dans sa lutte contre les maladies non transmissibles

Pour la première fois, la santé bucco-dentaire figure dans une déclaration politique des Nations Unies sur les maladies non transmissibles...
Politique de santé

Suppression annoncée de l’ANDPC : inquiétudes chez les professionnels de santé libéraux

La disparition de l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) suscite de vives inquiétudes dans le secteur de la santé....