Les plus vieilles caries dentaires chez les mammifères ont 54 millions d’années

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Des chercheurs canadiens de l’Université de Toronto relatent dans Nature du 9 septembre, « le plus grand et le plus ancien échantillon connu de caries dentaires chez un mammifère éteint ». Ils publient le résultat de leurs fouilles réalisées dans le bassin de Bighorn, dans le Wyoming aux Etats-Unis.

Ils y ont exhumé des fossiles de dents et de mâchoires, de 1 030 petits primates arboricoles vivant il y a environ 54 millions d’années (début de l’Eocène), appelés « Microsyops latidens » (670 g en moyenne d’après les estimations de la masse corporelle dérivées de la taille des molaires inférieures). Les individus découverts s’échelonnent sur près de 544 000 ans. 77 d’entre eux avaient des caries soit une prévalence carieuse moyenne de 7,48 %.

« Toutes les caries identifiées dans notre échantillon sont des caries occlusales primaires localisées dans le bassin occlusal, détaillent les auteurs. Les lésions carieuses n’ont été identifiées que sur les dents postcanines, bien que cela puisse être dû au fait que la dentition antérieure est moins fréquemment retrouvée dans les archives fossiles ». Cette prévalence de caries est élevée mais pas rare pour des primates y compris de nos jours.

Mais, sur une période d’environ 10 à 20 000 ans la prévalence des caries atteint 17,24 % avant de retomber. « Cet intervalle est également associé à un changement de la forme dentaire globale, qui mesure les aspects fonctionnels de la surface de mastication des dents, remarquent les auteurs. Ces observations suggèrent que cette espèce a connu un changement dans son régime alimentaire pour inclure plus de fruits ou d’autres aliments riches en sucre pendant une courte période ».

Ce changement d’alimentation soudain, serait lui-même lié à un épisode climatique tout aussi brusque, estiment les auteurs. Un réchauffement ? L’étude ne conclut pas mais remarque « qu’il est bien établi que l’Éocène inférieur était caractérisé par des périodes de flux climatiques, avec des températures locales augmentant et diminuant au fil du temps ».

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