Moins de cabinets dentaires mais plus d’emplois

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« Une tendance à la concentration entrepreneuriale est à l’œuvre dans la branche des cabinets dentaires », conclut l’Observatoire des métiers des professions libérales (OMPL) à l’aune de la publication d’un portrait statistique de la profession fin avril.

Et le phénomène devrait perdurer, la part des praticiens exerçant en groupement ou en société ne cessant de gagner du terrain. Depuis 2014, cette part progresse en moyenne de 2,3 % par an. En 2017, 35 % des cabinets sont des sociétés ou des groupements. Ce type d’exercice facilite la mutualisation des coûts de fonctionnement et d’équipements. Surtout, il autorise un recours accru au salariat, permettant une redistribution des tâches dans laquelle le praticien peut privilégier son temps de soins au fauteuil, seule valeur ajoutée du cabinet. En 2017 toujours, la profession compte 30 536 cabinets dentaires (contre 36 100 en 2012), soit 2 122 habitants par cabinet pour l’ensemble du territoire métropolitain. Mais leur répartition géographique est très inégale. Si, par exemple, on compte 1 598 habitants par cabinet en région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec une large majorité de structures individuelles, la Normandie affiche 2 889 habitants par cabinet, essentiellement constitués en société.

74 644 actifs, tous statuts confondus

Si globalement 24 % des cabinets dentaires n’ont aucun employé (contre 35 % en 2012) et si les trois quarts génèrent moins de trois emplois équivalents temps plein (ETP), le nombre de « grosses structures » (5 ETP et plus) est en forte progression depuis dix ans. « Il faut noter la présence accrue de structures de taille importante comptant au moins 10 emplois ETP et l’émergence de cabinets comptant plus de 20 emplois ETP. Même si ce type de structures reste très rare, 23 cabinets ont été dénombrés en 2016 », détaille l’OMPL. La branche compte 74 644 actifs tous statuts confondus dont 47 % de chirurgiens-dentistes qui exercent sous statut libéral, mixte ou salarié. Le nombre de salariés, non chirurgiens-dentistes, a progressé de 25,3 % entre 2008 et 2015 pour atteindre 40 067 salariés, soit en moyenne 1,13 salarié par chirurgien-
dentiste. Parmi les salariés, le taux de féminisation est très important : 96 % sont des femmes, embauchés majoritairement en CDI (86,6 %) dont 38 % à temps partiel et sous le statut d’employé (89,4 % contre 3,5 % de cadres).

929 324 heures de formation en 2017

« Les données temporelles montrent que cette structuration est stable depuis 2008, commente l’OMPL. Une tendance au vieillissement des actifs est toutefois relevée. La part des salariés âgés de 50 ans et plus a gagné cinq points pour atteindre 29,2 % en 2015. » La mobilité est assez importante : le « taux de rotation » des salariés s’établissait à 12,6 % en 2015, c’est-à-dire que 13,8 % sont entrés dans la branche tandis que 11,5 % en sortaient. Les salariés embauchés sous le statut d’employés perçoivent une rémunération médiane de 17 935 € annuels, « montant plus élevé que celui observé dans deux branches connexes, les cliniques vétérinaires et les pharmacies d’officine », selon l’étude. En 2016, 6 356 actions de formation ont été dispensées à 5 569 salariés (pour un coût de 13 millions d’euros), soit une progression 58,9 % du nombre de formation en dix ans. Une dynamique portée par les formations non diplômantes et non certifiantes même si les dispositifs de professionnalisation concentrent 93,2 % du volume horaire total (929 324 heures de formation dispensées en 2017). Les assistantes dentaires et les assistantes stagiaires ont bénéficié de 85,1 % des actions de formation.

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