À trois jours du premier tour des élections municipales, le 15 mars, la santé apparaît comme l’enjeu majeur pour les électeurs indique une consultation menée par Odoxa pour le réseau ICI (ex France 3) auprès de plus de 100 000 répondants.
Ainsi 55 % des Français estiment que les services de santé et l’offre de soins doivent constituer la priorité du prochain mandat municipal. Un niveau équivalent à celui de la sécurité et supérieur à l’éducation, aux mobilités ou à l’environnement, selon ce sondage publié le 11 mars.
Les attentes sont nourries par une forte insatisfaction face à l’accès aux soins. Six Français sur dix jugent difficile d’obtenir un rendez‑vous médical là où ils vivent : 81 % déclarent qu’il est difficile d’accéder à un médecin spécialiste dans leur commune et la majorité d’entre eux estiment aussi qu’il est difficile d’accéder à un médecin généraliste (58 %) et à un service d’urgence (55 %).
La complexité à obtenir un rendez-vous médical dans un délai raisonnable (77 %) est le principal frein que rencontrent les Français pour se soigner, très nettement devant le manque d’un spécialiste adapté à leurs besoins (41 %), l’éloignement des professionnels de santé (28 %) et le coût des soins ou leur niveau de remboursement (20% ).
Priorité : développer des maisons de santé
Cette critique traverse largement les territoires, avec des attentes particulièrement fortes en Centre‑Val‑de‑Loire, Pays de la Loire, Bourgogne‑Franche‑Comté, Normandie, Nouvelle‑Aquitaine et Occitanie, où la santé arrive en tête des priorités. Les femmes, les employés, les habitants des villes petites et moyennes ou des zones rurales expriment les attentes les plus marquées.
Dans ce contexte, 53 % des répondants déclarent pourtant ne pas faire confiance à leur maire pour améliorer l’accès aux soins et la prévention. Leur jugement sur l’action passée est également sévère : 51 % se disent insatisfaits de la politique menée ces dernières années dans leur commune.
Pour répondre à ces difficultés, les Français identifient plusieurs leviers. Le développement des maisons de santé est jugé prioritaire par 59 % des sondés, devant l’installation de médecins spécialistes ou généralistes.
Un tiers des répondants soutiendrait que la commune finance en partie le salaire de médecins pour favoriser leur implantation. D’autres dispositifs, comme une mutuelle communale, un service municipal d’accompagnement vers les rendez‑vous ou des visites régulières aux personnes âgées, sont jugés utiles mais moins prioritaires.
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