Natures Inspirées : Pekka Halonen, Eva Jospin

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°3 - 27 janvier 2026 (page 68-71)
Information dentaire

Chaleur humaine et blancs manteaux

Aurions-nous de la neige cette année ? Avant son retour surprise, la question était rituelle. En ville on en doutait, résigné à son recul vers les sommets – espérés skiables, au moins. Avec cette oubliée de l’hiver, plein d’images tendaient à s’estomper aux yeux des urbains : la danse des flocons voltigeurs, le silence qu’aussitôt ils installent, leur imperceptible amas sur les ramures qu’ils ploient, les scintillements qu’ils allument sur d’immaculées étendues. Tout cela semblait dorénavant appartenir à un âge révolu, presque aussi lointain que celui où les forêts étaient la norme et les villes l’exception. Le souvenir même de cette magie blanche fondait comme neige au soleil, ne laissant place qu’à la crainte des tracas routiers.

Soudain refamiliarisé ces temps derniers avec son crissement sous les pas, c’est d’un pied connaisseur et d’un œil rafraîchi qu’on aborde au Petit Palais l’œuvre de l’un des peintres qui a le mieux célébré les paysages enneigés, le Finlandais Pekka Halonen (1865-1933). Il en a fixé les prestiges poudrés avec d’autant plus de nuances délicates et précises que sa langue offre pas moins de 50 mots pour dire ou décrire la neige dans chacun de ses états. Car ce sont choses bien différentes que lumi, la neige simple, et pakkaslumi la poudreuse, ajolumi la soufflée, nuoskalumi la mouillée, matalumi la pourrie ou uppolumi la profonde. Qu’on ne saurait confondre avec sohjo la demi-fondue, et encore moins avec umpihanki l’épais manteau de neige vierge. Ce serait comme ne pas distinguer jaa la glace de jaakide son cristal ou de ahtojaa le chaos de blocs de glace charriés par le vent et les courants. On sent bien que ça n’a rien à voir, et d’ailleurs Halonen nous le prouve à travers la variété des matières, lumières et atmosphères saisies sur les sites qu’il nous invite à arpenter. Chemin faisant, c’est l’empreinte…

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