La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale a approuvé le 7 octobre une pétition demandant de rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les emballages alimentaires. Mise en ligne fin 2025 sur le site de l’Assemblée nationale, elle avait recueilli plus de 110 000 signatures au 1er octobre.
Portée notamment par les chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, de l’université Sorbonne Paris Nord dont Serge Hercberg, professeur de nutrition et concepteur du Nutri-Score, cette initiative pourrait désormais peser sur l’agenda parlementaire. Son adoption par la commission favorisera l’inscription à l’ordre du jour d’une proposition de loi sur le sujet déposée fin mars 2026 par une cinquantaine de députés de différents groupes politiques.
Les promoteurs de la pétition estiment que le cadre actuel montre ses limites. Depuis 2017, l’étiquetage repose sur le volontariat : environ 60 % du marché l’a adopté, mais plusieurs industriels majeurs s’en affranchissent ou s’en retirent (Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelez, Kraft, Unilever, Danone, Bjorg, Cristaline…).
Soutien de l’UFSBD
Les scientifiques y voient « une perte de chance pour les citoyens français ». Ils considèrent qu’une généralisation de l’étiquetage permettrait d’offrir une information nutritionnelle « transparente, accessible et compréhensible » à l’ensemble des consommateurs rappelant la progression continue du surpoids, de l’obésité et des maladies chroniques non transmissibles.
Au fil des mois le soutien à cette pétition a été croissant. L’Académie nationale de médecine, 78 sociétés savantes et associations, dont l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) mais aussi l’Assurance maladie et la Cour des comptes se sont également prononcées en faveur d’une obligation d’affichage.
Après un premier rejet de cette mesure lors de l’examen du PLFSS 2026, le franchissement du seuil des 100 000 signatures et l’aval de la commission des affaires sociales renforcent les chances de voir le Parlement se saisir à nouveau du sujet dans les prochains mois. D’autant que le PLFSS 2027 prévoit d’étendre la taxe sur les boissons sucrées et édulcorées aux produits solides transformés.
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