Séance L’Essentiel B38
Mercredi 25 novembre – 16h/17h
Responsable scientifique :Sophie Veyre
Conférenciers :Hélène Le Hecho, Gildas Réthoré
Objectifs
• Comprendre les enjeux biologiques et cliniques de la résorption post-extractionnelle
• Savoir identifier les indications pertinentes d’une préservation alvéolaire
• Savoir appliquer un protocole simple, efficace et reproductible dans sa pratique
Un remodelage inévitable, et surtout asymétrique
L’extraction dentaire déclenche un remodelage osseux qui aboutit, dans tous les cas, à une réduction du volume de la crête. Les travaux d’Araujo et Lindhe ont établi que cette résorption n’est pas homogène : elle est nettement plus marquée du côté vestibulaire [1]. L’explication est histologique. La paroi vestibulaire est en grande partie constituée d’os fasciculaire (bundle bone), un tissu dont la vascularisation et la survie dépendent du ligament parodontal. Retirer la dent, c’est supprimer le ligament, et donc condamner cet os à disparaître (fig. 1).
La cinétique est tout aussi importante que l’amplitude : les deux tiers des modifications dimensionnelles surviennent dans les trois premiers mois [1, 6]. La revue systématique de Van der Weijden situe la perte horizontale moyenne autour de 3 à 4 mm et la perte verticale autour de 1 à 2 mm à un an [8]. Autrement dit, la fenêtre pendant laquelle une intervention peut infléchir la trajectoire est courte, et elle se referme vite (fig. 2).
Un point mérite d’être posé d’emblée, car il conditionne tout le reste du raisonnement : aucun biomatériau ne bloque le remodelage osseux. Les substituts osseux le soutiennent et en limitent l’amplitude, sans l’abolir [1]. Leur action est mécanique et ostéoconductrice, non ostéoinductrice. Comprendre cette nuance, c’est déjà renoncer à l’illusion d’un comblement qui « fige » la crête.

