Protoxyde d’azote : bientôt interdit à la vente sauf pour les professionnels

  • Publié le .
Information dentaire

Les députés ont adopté le 29 janvier en première lecture une proposition de loi visant à interdire la vente du protoxyde d’azote dans « l’ensemble des lieux publics, des commerces et en ligne ».

Néanmoins, sa vente restera autorisée « à certaines catégories de professionnels énumérées par décret ». Ce décret devra également préciser les circuits de distribution autorisés pour la vente à ces professionnels et définir « les modalités obligatoires de surveillance et de suivi garantissant la traçabilité des volumes de protoxyde d’azote commercialisés dans ce cadre ».

Bien que la vente aux mineurs ait été interdite en 2021 et qu’une réglementation en vigueur depuis le 1er janvier 2024 limite les quantités de vente autorisées (poids des cartouches limité à 8,6 grammes, dans des boîtes ne dépassant pas 10 unités), « la consommation de ce gaz est telle qu’il représente désormais la troisième substance la plus consommée par les jeunes, en dehors de l’alcool et du tabac, selon la préfecture de police de Paris », indique le député LFI Idir Boumertit dans l’exposé des motifs de son texte déposé au mois de novembre dernier sur le bureau de l’Assemblée nationale.

En 2021, 5,5 % des élèves de classe de 3e (14 ans) déclaraient avoir déjà consommé du « proto », les garçons deux fois plus souvent que les filles, selon des données rapportées par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Cette même année, sur 265 cas graves déclarés aux centres d’addictovigilance, près de la moitié mentionnaient une consommation quotidienne (contre 34 % en 2020), et la proportion de mineurs parmi les cas rapportés restait importante : 11,2 % dans les centres d’addictovigilance et 16,6 % dans les centres antipoison.

La consommation de protoxyde d’azote, recherchée essentiellement pour ses effets euphorisants et désinhibiteurs, peut avoir des conséquences néfastes rapides (asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche, désorientation, vertiges ou encore risque de chute) ou à plus long terme sur le système nerveux central si les consommations sont répétées à intervalles rapprochés (troubles du rythme cardiaque, troubles psychiques et atteintes neurologiques).

Un autre article du texte se concentre sur la prévention, en intégrant le protoxyde d’azote aux séances d’information annuelles prévues dans les collèges et les lycées sur le cannabis.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Santé publique

Fake news en santé : l’Inserm veut renforcer l’esprit critique des adolescents

Il paraît que jeûner serait bon pour lutter contre le cancer, qu’on peut devenir centenaire en buvant 4 cafés par...
Santé publique

L’UFSBD célèbre ses 60 ans

L’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD) fête cette année son 60e anniversaire. Créée en 1966 à l’initiative de chirurgiens-dentistes...
Santé publique

Le tabagisme passif continue de faire des ravages dans le monde

En 2023, l’exposition au tabagisme passif a été responsable de 1,66 million de décès et fait perdre 44,8 millions d’années...
Santé publique

Septembre-bouge. Promouvoir l’activité physique et sportive

La première édition de septembre Bouge, mois national de l’activité physique et sportive, se tiendra tout au long du mois...
Santé publique

Addictions : l’IGAS veut remettre les professionnels de premier recours au cœur des parcours de soins

Le renforcement du premier recours constitue l’un des principaux leviers d’amélioration de la prise en charge des addictions en France....
Santé publique

Grippe : la HAS recommande la vaccination obligatoire des soignants, le gouvernement suit, pas de sanction la première année

La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé, le 20 juillet, l’instauration d’une obligation vaccinale annuelle pour l’ensemble des professionnels...