Un contexte familial de défaut primaire d’éruption (DPE)

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°2 - 15 avril 2017
Information dentaire
En cas d’échec de traction de dents en infraclusion sans obstacle anatomique identifiable, un diagnostic moléculaire du gène de PTHR-1 est recommandé afin de faire éventuellement le diagnostic de défaut primaire d’éruption d’origine génétique.

identification d’une nouvelle mutation du gène PTHR-1. Cas clinique et revue de littérature

Le défaut primaire d’éruption (DPE) désigne l’échec de l’éruption d’une dent permanente postérieure non ankylosée en l’absence d’une obstruction d’origine mécanique. Une anomalie des processus biologiques de l’éruption dentaire, d’origine génétique, constitue le mécanisme étiologique. Elle est la conséquence de la mutation du gène codant pour le récepteur de l’hormone parathyroïdienne PTHR-1.
 
Cet article rapporte le cas d’une fratrie de deux enfants présentant un défaut primaire d’éruption. Les manifestations cliniques chez l’enfant dont le cas est exposé étaient une infraclusion latérale sévère à droite dans un contexte de classe I tendance classe III par brachygnathie. Une traction orthodontique des dents en infraclusion a été entreprise entre l’âge de 8 et 14 ans en utilisant les dispositifs adéquats (examen cone-beam, ancrage osseux par minivis…). Devant l’absence de réponse à la traction et l’aggravation des infraclusions au cours de la croissance une analyse moléculaire a été demandée. Le diagnostic génétique a mis en évidence une mutation du gène PTHR-1. La parathormone via son récepteur PTHR-1 agit sur le remodelage osseux en stimulant la production d’ostéoclastes ; ainsi un manque de PTH entraîne une perturbation du métabolisme osseux.
 
Toute tentative de traction chirurgico-orthodontique d’une dent atteinte de DPE s’expose donc à un échec de traction orthodontique voire une aggravation de l’inclusion ou une évolution vers l’ankylose. Un diagnostic positif précoce est donc essentiel car il permettra d’adapter au mieux la thérapeutique de ces infraclusions en ayant recours à des solutions prothétiques.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Revue de presse

Lésions endo-parodontales et pronostic thérapeutique

Les lésions endo-parodontales sont caractérisées par une communication pathologique entre les tissus endodontiques et parodontaux donnant lieu à une expression...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Bruxisme et jeunes patients

En 2018, un consensus international est parvenu à définir le bruxisme de sommeil (i.e. BS ou SB pour sleeping bruxism)...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Gestion des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques ou auto-immunes sous traitements immunosuppresseurs : une enquête des pratiques des chirurgiens-dentistes français

Contexte La fréquence des maladies inflammatoires chroniques ou auto-immunes (MICA) varie considérablement d’une population à l’autre, avec une prévalence dans...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Châssis de prothèse amovible : cobalt-chrome ou alliages de titane ?

En prothèse amovible à infra­structure métallique, les alliages Co-Cr constituent le matériau de choix par ses propriétés de résistance et...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Sécuriser ses décisions thérapeutiques

L’exercice quotidien d’omnipratique nous conduit fréquemment à nous poser la question de la réalisation d’une intervention en accord avec les...
Revue de presse

Article réservé à nos abonnés Leucoplasie orale et imiquimod

Limiquimod (analogue nucléosidique de la famille des imidazoquinolines) est un immunomodulateur dont l’activité repose essentiellement sur son rôle de ligand...