Un patch intra‑oral pour détecter l’inflammation avant les premiers signes cliniques

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Le patch a été testé sur la mâchoire d'un cochon d'Inde.

Information dentaire

Dépister pulpites, parodontites ou inflammations péri‑implantaires avant même l’examen du patient, le sondage parodontal ou l’imagerie : c’est ce que projettent les chercheurs de l’Université A&M du Texas.

Dans une étude publiée dans « Science Advances » le 16 janvier, ils présentent un « biosenseur intra‑oral » conçu pour mesurer directement dans la bouche un marqueur clé de l’inflammation, le TNF‑α, une cytokine pro‑inflammatoire presque toujours impliquée dans les infections des tissus mous de la sphère orale. Sa présence élevée signale précocement une activité inflammatoire, souvent bien avant l’apparition des signes cliniques.

Le dispositif développé, appelé « biosenseur TAHM » (tissue‑adhesive hydrogel–MXene), associe une sonde de détection basée sur un matériau en graphène, un patch adhésif tissulaire conçu pour rester en place sur les muqueuses, et une membrane hydrogel semi‑perméable permettant de filtrer sélectivement les molécules.

Ce design résout plusieurs difficultés propres au milieu intra‑oral : humidité constante, mouvements de la langue et des joues, forces mécaniques et présence de biomolécules susceptibles d’interférer.

Le dispositif a été testé avec succès en laboratoire et chez le cochon d’Inde, animal qui partage, selon l’étude, un certain nombre de caractéristiques similaires avec les humains, en particulier s’agissant de l’inflammation buccale.

« Notre biocapteur TAHM atteint une sensibilité élevée avec une limite de détection de 18,2 femtogrammes par millilitre, une excellente sélectivité avec un coefficient d’interférence inférieur à 7 % et une stabilité mécanique avec une variation de résistance inférieure à 0,5 % sous un taux d’étirement et des taux de charge variables », indiquent les chercheurs. Des performances qui laissent entrevoir un outil clinique potentiellement capable de détecter des inflammations avant qu’elles ne soient visibles.

Les essais chez l’humain ne sont pas encore programmés mais on peut imaginer – cela ne figure pas dans l’étude – la création d’une interface connectée qui transmettrait les données à un lecteur au fauteuil affichant le niveau de TNF‑α détecté avec un historique, ou, on peut rêver, à une application mobile qui indiquerait au patient qu’il est temps de consulter son chirurgien-dentiste…

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